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Traitements et prise en charge de la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique dont l'évolution s'inscrit généralement dans la durée. Si aucun traitement ne permet aujourd'hui de la guérir, de nombreuses solutions thérapeutiques existent pour atténuer les symptômes, préserver l'autonomie et maintenir la qualité de vie le plus longtemps possible.

La prise en charge repose sur plusieurs piliers complémentaires : les traitements médicamenteux, la rééducation, l'activité physique, le suivi médical régulier et l'accompagnement des éventuels troubles psychologiques ou cognitifs. Pour les patients et leurs proches, comprendre cette stratégie globale permet de mieux appréhender le parcours de soins et les ajustements qui peuvent être nécessaires au fil du temps.

Ce contenu a été rédigé en collaboration avec le Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis

Les principes de la prise en charge de la maladie de Parkinson

La prise en charge de la maladie de Parkinson ne se limite pas à la prescription d'un médicament. Elle s'appuie sur une approche globale, adaptée aux besoins de chaque personne et à l'évolution de la maladie.

Une stratégie thérapeutique combinée et personnalisée

Chaque patient présente une histoire médicale, des symptômes et un rythme d'évolution différents. Le traitement est donc construit de manière individualisée. L'objectif est de trouver le meilleur équilibre possible entre efficacité thérapeutique et qualité de vie. 

L'âge, le niveau d'activité, la présence d'autres pathologies ou encore les attentes de la personne sont pris en compte dans les décisions médicales. Cette stratégie associe généralement traitements médicamenteux, rééducation et accompagnement au quotidien.

L'objectif : préserver l'autonomie et la qualité de vie

La maladie de Parkinson peut progressivement affecter la mobilité, les gestes du quotidien, la parole ou l'équilibre. La prise en charge vise à limiter l'impact de ces troubles sur la vie quotidienne. Conserver la capacité à se déplacer, communiquer, réaliser certaines activités ou maintenir des liens sociaux constitue un enjeu majeur pour les patients comme pour leurs proches. La qualité de vie reste ainsi un indicateur central dans le suivi thérapeutique.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« On ne guérit pas la maladie de Parkinson ; on traite avant tout les symptômes, mais ces derniers sont très fluctuants. Un traitement classique n’agit pas de manière continue et ne sera efficace qu’un temps seulement avant que les symptômes ne réapparaissent. On parle d’effet « on / off ». Lors des phases « On », l’état du patient est amélioré, même s’il peut encore être accompagné de mouvements involontaires. Lors des phases « Off », les symptômes resurgissent de manière importante et plus ou moins intense selon les personnes. Malgré l’ajustement des traitements, avec l’avancée en âge, la maladie progresse. C’est ainsi que peut survenir l’entrée en dépendance, après quelques années. »

Un suivi médical au long cours

La maladie évoluant progressivement, le traitement doit être réévalué régulièrement. Des consultations de suivi permettent d'observer l'efficacité des traitements, d'identifier d'éventuels effets indésirables et d'adapter les prescriptions lorsque cela devient nécessaire. Ce suivi s'inscrit généralement sur plusieurs années et mobilise différents professionnels de santé autour du patient.

Le traitement médicamenteux : un pilier de la prise en charge

Les traitements médicamenteux constituent aujourd'hui le socle de la prise en charge de la maladie de Parkinson. Leur objectif principal est de compenser les conséquences du déficit en dopamine observé dans certaines régions du cerveau.

Le principe : compenser le manque de dopamine

La dopamine est un neurotransmetteur impliqué notamment dans le contrôle des mouvements. Chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, les cellules qui la produisent disparaissent progressivement. Les traitements médicamenteux cherchent à corriger ce déséquilibre. 

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« La maladie de Parkinson se caractérise par une atteinte d’un noyau gris qui produit de la dopamine. On observe donc une baisse de la dopamine au fil des années. La dopamine agit comme un messager chimique et permet de transmettre des informations à différents circuits cérébraux. Elle joue un rôle clé dans le mouvement. Quand la dopamine diminue, l’un des rouages ne fonctionne plus : les circuits cérébraux ne reçoivent plus les informations nécessaires et des symptômes moteurs apparaissent. »

Plusieurs familles thérapeutiques peuvent être utilisées :

  • La lévodopa, qui est transformée en dopamine par l'organisme ;
  • Les agonistes dopaminergiques, qui imitent l'action de la dopamine ;
  • Certains médicaments permettant de prolonger l'effet de la dopamine dans le cerveau ;
  • D’autres traitements destinés à améliorer certains symptômes spécifiques.

Le choix dépend du profil du patient et des objectifs thérapeutiques définis avec le neurologue.

Une prise quotidienne et régulière

L'efficacité du traitement repose en grande partie sur l’observance thérapeutique, et notamment sur le respect des horaires de prise. Les médicaments dopaminergiques doivent souvent être administrés à des moments précis afin de maintenir une concentration suffisante du traitement dans l'organisme.

Des oublis ou des décalages importants peuvent entraîner une réapparition temporaire des symptômes ou une diminution de l'efficacité du traitement. Les professionnels de santé accompagnent les patients afin de faciliter cette organisation au quotidien.

Un traitement qui s'ajuste avec le temps

La réponse aux traitements évolue souvent au fil des années. Au début de la maladie, les symptômes peuvent être bien contrôlés pendant de longues périodes. Avec le temps, certains patients peuvent connaître des fluctuations d'efficacité ou voir apparaître des mouvements involontaires appelés dyskinésies.

Ces situations ne signifient pas que le traitement ne fonctionne plus. Elles conduisent généralement à des ajustements de doses, à une modification des horaires de prise ou à l'introduction d'autres médicaments. L'objectif reste de maintenir le meilleur contrôle possible des symptômes tout en limitant les effets indésirables.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Pour traiter la maladie de Parkinson, on compense la diminution de la dopamine naturellement produite par les neurones par des médicaments qui produisent de la dopamine. Le plus souvent, on prescrit trois prises par jour. Après 5 à 7 ans, on observe un épuisement de l’effet, quasi-systématique. Il faut ajuster le nombre de prises ou la dose des prises. »

L'importance du dialogue avec le neurologue

Le suivi neurologique joue un rôle essentiel dans l'équilibre du traitement. Les patients sont encouragés à signaler toute modification de leurs symptômes, toute difficulté liée aux prises médicamenteuses ou tout effet secondaire observé. Ce dialogue permet d'ajuster la stratégie thérapeutique de manière réactive et adaptée à la situation de chacun.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Lorsque les variations d’efficacité du traitement sont trop importantes, il est possible d’introduire d’autres médicaments, comme l’apomorphine. L’apomorphine peut être administrée par voie sous-cutanée, par injection en continu grâce à un système de pompe. L’objectif premier est de réduire les fluctuations d’efficacité de la Lévodopa et d’améliorer la constance du traitement, mais cela peut aussi soulager le quotidien du patient en limitant les multiples prises par voie orale, qui peuvent être contraignantes. Le neurologue peut donc orienter le traitement en ce sens. »

Les approches non médicamenteuses : indispensables au quotidien

Les traitements médicamenteux occupent une place importante, mais ils ne constituent qu'une partie de la prise en charge. Les approches non médicamenteuses contribuent également au maintien des capacités fonctionnelles et de l'autonomie. « Il existe une large gamme thérapeutique qui permet au patient de vivre plus longtemps à domicile. », explique le Docteur Garnier.

La kinésithérapie : maintenir mobilité et équilibre

La kinésithérapie aide à préserver les capacités motrices malgré l'évolution de la maladie. Les séances peuvent travailler :

  • La marche ;
  • L’équilibre ;
  • La posture ;
  • La souplesse ;
  • Les transferts et déplacements du quotidien.

Une activité régulière contribue à réduire le risque de chutes et à maintenir une meilleure mobilité.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« La rééducation est centrale dans le parcours de soins des patients atteints de la maladie de Parkinson. Dans certaines de nos maisons de retraite, nous proposons des séjours temporaires à visée rééducative. Nos équipes travaillent étroitement avec des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes ou des psychomotriciens, qui interviennent dans nos établissements. Nous mettons par exemple en place de la gymnastique volontaire, pour encourager les mouvements et travailler la souplesse. »

L'orthophonie : préserver la parole et la déglutition

La maladie de Parkinson peut affecter progressivement la voix, l'articulation ou la déglutition. L'orthophoniste intervient pour aider le patient à conserver une communication efficace et à limiter certaines difficultés alimentaires. Les exercices proposés sont adaptés à chaque situation et peuvent être intégrés dans le quotidien.

L'ergothérapie : adapter le quotidien

L'ergothérapie vise à faciliter la réalisation des activités quotidiennes. L'ergothérapeute peut proposer :

  • Des aménagements du domicile ;
  • Des aides techniques ;
  • Des conseils pour sécuriser les déplacements ;
  • Des stratégies permettant de compenser certaines difficultés motrices.

L'objectif est de préserver l'autonomie dans les gestes de la vie courante.

Les activités physiques adaptées (APA)

L'activité physique régulière est aujourd'hui reconnue comme un élément important de la prise en charge. Marche, gymnastique douce, vélo adapté, renforcement musculaire ou exercices d'équilibre peuvent être proposés selon les capacités de chacun. Ces activités participent au maintien des fonctions physiques, tout en favorisant le bien-être général.

Le soutien psychologique

Vivre avec une maladie chronique peut entraîner des répercussions psychologiques importantes. Certains patients peuvent ressentir de l'anxiété, une baisse de moral ou des difficultés d'adaptation face aux changements induits par la maladie. Le soutien psychologique offre un espace d'écoute et d'accompagnement pour mieux faire face à ces situations.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Lorsqu’on est atteint de la maladie de Parkinson, bien souvent, les troubles cognitifs sont légers. La maladie se manifeste davantage par des troubles moteurs. Toutefois, comme il y a un déficit de dopamine, la motivation peut être affectée. On observe parfois des états dépressifs ou anxieux. » 

Mettre en place ces accompagnements à domicile peut devenir difficile à mesure que la maladie évolue. Au sein des EHPAD emeis, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes et psychologues interviennent au quotidien auprès des résidents atteints de la maladie de Parkinson, dans le cadre d'un projet de soin personnalisé et coordonné par le médecin coordonnateur.

Une prise en charge pluridisciplinaire et coordonnée

La maladie de Parkinson nécessite souvent l'intervention de plusieurs professionnels de santé. La coordination entre ces acteurs constitue un élément important de la qualité de la prise en charge.

Le rôle central du neurologue

Le neurologue est le spécialiste qui établit le diagnostic et supervise la stratégie thérapeutique. Il assure le suivi de l'évolution de la maladie, adapte les traitements médicamenteux et oriente vers d'autres professionnels lorsque cela est nécessaire. Son rôle est particulièrement important lors des ajustements thérapeutiques.

L'articulation avec le médecin traitant

Le médecin traitant participe au suivi global de la santé du patient. Il assure la coordination avec les autres professionnels, surveille les éventuelles pathologies associées et contribue à la continuité du parcours de soins. Cette collaboration favorise une prise en charge cohérente et adaptée aux besoins de la personne.

L'accompagnement en établissement spécialisé

Lorsque les besoins deviennent plus complexes, l'accompagnement en établissement peut offrir un cadre sécurisé et coordonné. Les équipes pluridisciplinaires réunissent différents professionnels capables d'intervenir de manière complémentaire autour du projet de soin de la personne. Cette organisation facilite le suivi des traitements, la rééducation et l'accompagnement du quotidien.

Maladie de Parkinson : vers de nouveaux traitements ?

La recherche sur la maladie de Parkinson reste particulièrement active en France et à l'international. Les travaux en cours portent notamment sur de nouvelles stratégies thérapeutiques destinées à améliorer la prise en charge ou à agir plus directement sur les mécanismes de la maladie.

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Vous recherchez un EHPAD pour vous-même ou pour un proche ?

Les équipes emeis sont à votre écoute pour vous conseiller, répondre à vos questions et vous accompagner dans votre recherche et vous répondent sous 1h pour trouver la maison de retraite adaptée à vos besoins.

FAQ : Vos questions sur les traitements de la maladie de Parkinson 

Existe-t-il un traitement qui guérit la maladie de Parkinson ?

Non. À ce jour, aucun traitement ne permet de guérir la maladie de Parkinson. Les traitements disponibles visent à réduire les symptômes et à préserver la qualité de vie.

Le traitement reste-t-il efficace dans le temps ?

Oui, mais son efficacité peut évoluer au fil des années. Des ajustements thérapeutiques sont parfois nécessaires pour maintenir un contrôle satisfaisant des symptômes.

Peut-on arrêter ou modifier seul son traitement ?

Non. Toute modification du traitement doit être discutée avec le neurologue ou le médecin traitant. Un arrêt brutal peut entraîner une aggravation des symptômes.

Les traitements de la maladie de Parkinson sont-ils remboursés ?

Les principaux traitements de la maladie de Parkinson sont pris en charge par l'Assurance Maladie selon les conditions habituelles de remboursement. Le médecin ou le pharmacien peut apporter des précisions adaptées à chaque situation.

Que faire si le traitement provoque des effets indésirables ?

Il est important d'en parler rapidement au neurologue ou au médecin traitant. Dans de nombreux cas, des ajustements de doses ou de traitements permettent d'améliorer la situation sans interrompre la prise en charge.