La mémoire
Qu’est ce que la mémoire ? Comment fonctionne t elle et comment évolue t elle avec l’âge ? Tout oubli est il la manifestation d’une maladie de la mémoire ?
A travers cet article, les experts emeis vont répondre à toutes ces questions.
Définition de la mémoire
La mémoire est une des nombreuses fonctions cognitives du cerveau, parmi le langage, les gnosies (capacité à reconnaitre), l'attention, les praxies (gestuelle complexe, comment tenir ou utiliser un objet)…
La mémoire permet l'acquisition d'informations, leur conservation et leur utilisation ultérieure sous forme de souvenirs, de savoirs, ou d'habiletés.

Les différentes composantes de la mémoire :
La mémoire est une fonction complexe caractérisée par la cinétique de ses différentes composantes :
● la mémoire immédiate ou sensorielle :
C’est le flash perçu par nos sens, mémorisé sans en avoir conscience (des sons, des odeurs, des repères visuels). Elle dure quelques secondes.
Ex : je suis capable de rentrer chez moi, juste en regardant mon environnement
● la mémoire à court terme, appelée aussi mémoire de travail :
C’est la mémoire du présent. Elle permet de manipuler et de retenir des informations pendant la réalisation d’une tâche ou d’une activité. C’est une mémoire tampon : les informations utilisées peuvent être effacées ou stockées dans la mémoire à long terme.
Ex : un code d’entrée ou un numéro de téléphone retenus un temps court pour les composer
● la mémoire à long terme :
C’est le « disque dur » du cerveau. Elle dure quelques minutes à toute une vie et c’est ce que nous appelons « la mémoire ».
Elle comprend :
- la mémoire épisodique : c’est la mémoire de notre histoire individuelle. Elle détermine les souvenirs personnels en fonction de leurs données spatio-temporelles, c’est-à-dire les évènements vécus pour lesquels on peut rappeler le contexte spatio-temporel et émotionnel (ex : quelle cravate portais-je le jour de mon mariage ?)
- la mémoire sémantique, fondée sur nos acquisitions et nos connaissances générales, en dehors de toute référence spatio-temporelle (ex : quelle est la capitale de l’Italie ?)
● la mémoire implicite ou procédurale :
Elle permet l’apprentissage d’automatismes. Elle est instinctive (cf. aptitudes, habileté)
Ex : conduire, faire du vélo, jouer d’un instrument de musique
Le rôle de ces mémoires dans notre vie quotidienne
Alors déjà, c'est ce qui permet d'avoir une identité, Je suis quelqu'un parce que je sais d'où je viens, ce que j'ai appris et donc ça nous définit. Au-delà de ça, permet aussi d'avoir de la connaissance, de faire des apprentissages, de comprendre, de résoudre des problématiques, d'avoir de la créativité, de planifier, d'organiser, d'avoir des souvenirs. Et la mémoire permet également de passer du savoir, donc ce que je sais, au savoir-faire, ce que je suis capable de faire.
Le fonctionnement de la mémoire
On ne fait pas appel à la même composante de la mémoire selon l’objectif à atteindre ou la tâche à effectuer : pour retenir un numéro de téléphone, apprendre à utiliser un appareil photo numérique, se souvenir du baptême de son aîné, préparer un concours ou faire du vélo.
Schématiquement, la mémorisation repose sur :
- L’encodage : Entrée des informations dans notre mémoire et leur transformation en trace mnésique dans le cerveau
- Le stockage et le traitement Conservation dans le temps de cette trace mnésique
- La restitution : recherche consciente et volontaire de l'information stockée
Sans oublier la phase d'oubli, qui fait partie de la mémoire parce qu'elle est absolument nécessaire !
Chaque individu utilise ses propres méthodes pour mémoriser, retenir, restituer, anticiper, analyser, planifier.
La mémorisation est influencée par :
- L’intérêt que l’on y porte (attention/ concentration
- L’utilité de son stockage (et donc de sa mémorisation)
- Les évènements personnels (l’émotion)
- L’environnement (le contexte )
- Ses propres facultés à mémoriser (dites capacités mnésiques)
Age et mémoire : comment la mémoire évolue avec l’avancée en âge
On ne perd pas la mémoire quand on est une personne âgée … En revanche, de la même manière que le corps évolue avec l'âge, la mémoire évolue avec l'âge :
- La mémoire à court terme / de travail diminue,
- tandis que la mémoire sémantique s'améliore,
- et la mémoire immédiate / sensorielle ne change pas.
En vieillissant :
- La plasticité neuronale reste intacte : on acquiert avec l’âge habileté, connaissances intellectuelles, souvenirs et stratégies de mémorisation
- En revanche la capacité de mémorisation diminue : avec l’avancée en âge, certains facteurs peuvent avoir un retentissement sur la capacité de mémorisation
- L’attention : le vieillissement peut altérer les capacités attentionnelles avec notamment un retentissement sur le traitement des informations et les performances mnésiques
- Les fonctions sensorielles (déficience de la vue / ouïe)
- Le sommeil
- L’humeur et l’état affectif
- La motivation
L’impact de l’âge sur la mémoire :

Oubli, troubles de la mémoire et maladie de la mémoire.
Toute baisse de performance de la mémoire n'est pas nécessairement une maladie !
Avoir des oublis pendant une semaine, quelques jours, n'est pas la même chose que si ces oublis existent depuis plusieurs mois et continuent à évoluer et à s'aggraver.
C’est la routine qui accélère la perte de mémoire. Plus on commence tôt à se prémunir, à éveiller les circuits de la mémoire, mieux on la préserve.
Pour compenser la baisse de performance mnésique, on peut :
- travailler sur ces facteurs qui influencent la mémoire,
- utiliser des moyens mnémotechniques
- s’entrainer à mémoriser
Maladie de la mémoire
Il s’agit en réalité de maladies des fonctions cognitives, des maladies de fonctionnement du cerveau.
La maladie la plus connue et la plus répandue est la maladie d'Alzheimer. C'est une maladie qui va toucher la mémoire, mais aussi d'autres fonctions cognitives
Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ?
La difficulté réside dans le fait qu’il n’y a pas une mais des maladies, qui se manifestent différemment. La maladie de la mémoire n'est pas uniforme. Chaque personne la développe d'une manière un petit peu différente.
Mais dans tous les cas, on retrouvera les oublis : vous serez tenus de répéter toujours les mêmes choses pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, et la situation s'aggravera.
La maladie peut également se manifester par des difficultés à réaliser les tâches de la vie quotidienne : faire ses courses, se préparer un repas, prendre ses médicaments…
La perte d'envie et d’élan vital peut être aussi un signal d’alerte, surtout si la personne pratiquait de nombreuses activités, puis progressivement, les réduit, arrête de sortir, n'est plus intéressée par des loisirs qu’elle affectionnait auparavat.
Ou encore peuvent survenir des troubles des fonctions phasiques, donc du langage, un changement brutal de comportement et/ou d'humeur : une personne devient très irritable à partir de 75-80 ans, de façon inadaptée




