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Comprendre la dépression chez les seniors et personnes âgées

Souvent silencieuse et mal repérée, la dépression chez les personnes âgées est pourtant une réalité fréquente. Mieux la comprendre, c’est déjà mieux accompagner les seniors au quotidien.

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La dépression chez les personnes âgées reste souvent méconnue ; elle est pourtant :

  • fréquente (cette période de vie s’accompagne d’une certaine tristesse ; 15 à 30% des personnes âgées qui consultent en médecine générale seraient dépressives), 
  • peut avoir débutée dans une période de « jeune adulte » et se continuer au moment du vieillissement
  • sous diagnostiquée (parce que ses symptômes peuvent être confondus avec ceux de la perte d’autonomie et du vieillissement, d’un début de maladie neuro cognitive type Alzheimer, elle est parfois minimisée)
  • et insuffisamment traitée (le taux de décès par suicide augmente avec l’âge chez les hommes selon l’Inserm).

Pourtant, il s’agit d’une maladie psychique réelle, aux conséquences physiques et sociales importantes impactant le bien vieillir et le niveau d’autonomie, mais qui peut être prise en soins efficacement

Dans les maisons de retraite emeis, les équipes soignantes établissent une évaluation dès l’admission et sont formées pour repérer les signes précoces, soutenir les résidents et prévenir le repli sur soi.

Quelles sont les causes de la dépression chez les personnes âgées ?

La dépression peut survenir à tout âge, mais elle trouve souvent, chez les seniors, des causes multiples, car vieillir peut favoriser l’émergence d’une dépression de par le processus de pertes successives. 

  • Le vieillissement s’accompagne de changements physiques et psychologiques : perte d’autonomie, douleurs chroniques, troubles du sommeil, diminution de la mobilité ou des capacités sensorielles, et parfois perte de repères (liée à un changement de vie, au départ à la retraite, ...). Ces facteurs altèrent la qualité de vie et favorisent un sentiment de vulnérabilité.
  • Sur le plan émotionnel, les ruptures de vie, deuil du conjoint, éloignement des enfants, entrée en institution, peuvent engendrer un vide affectif et un sentiment d’isolement. À cela s’ajoute parfois le regard social porté sur la vieillesse, source d’une perte d’estime de soi.
  • Des facteurs médicaux jouent également un rôle : certaines pathologies neurodégénératives (comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson), des troubles hormonaux, un cancer, un accident vasculaire cérébral ou la prise prolongée de traitements peuvent influencer l’équilibre émotionnel.

Les personnes âgées présentent un risque lié à des facteurs favorisant un épisode dépressif : facteurs environnementaux, biologiques, organiques et internes. 

Chez emeis, chaque facteur est pris en compte dans une évaluation globale de la santé mentale, pour proposer un accompagnement ajusté à son histoire et à son état de santé.

Comment reconnaître les signes d’une dépression chez un senior ?

Au delà de la tristesse exprimée, on observe :

  • une fatigue persistante
  • une perte d’intérêt pour les activités habituelles souvent associée à un sentiment d’inutilité ou une culpabilité excessive,
  • des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie),
  • une perte d’appétit avec une perte de poids significative,
  • un ralentissement psychomoteur ou au contraire une agitation, 
  • des difficultés à se concentrer et à se souvenir, voire une confusion.

Peuvent aussi se manifester une perte d’élan vital ou de l’apathie (désintérêt pour son environnement), une irritabilité inhabituelle ou des et un repli sur soi

Ces signes, souvent discrets, sont parfois attribués à tort au vieillissement. 

La dépression chez les personnes âgées est-elle différente de celle des plus jeunes ? 

En effet, les symptômes de la dépression chez la personne âgée peuvent aussi (et souvent) différer de ceux observés chez les plus jeunes.

Chez la personne âgée, il existe aussi des formes de dépression masquée, qui compliquent le diagnostic car la dépression n’est pas au premier plan :

  • La dépression somatique ou hypochondriaque : la dépression s’exprime ici plus par des symptômes physiques que psychiques, avec des plaintes physiques et douleurs sans cause apparente (maux de tête, douleurs diffuses), multiplication des examens médicaux, déni, ... 
  • Les délires : idées de préjudice (préjudice de vol par exemple), de persécution, jalousie, altération des relations sociales, comportement procédurier
  • La dépression hostile, avec une expression colérique prédominante pris à tort pour un trouble caractériel
  • La forme démentielle : elle est d’apparition brutale et s’exprime notamment par des troubles de la mémoire, de la concentration, .... 

Il est donc essentiel de ne pas banaliser ces changements : un retrait soudain, une baisse d’énergie, un changement de caractère brutal et important, ou une perte de goût pour la vie doivent alerter. 

De plus, les interactions entre santé physique et mentale exigent une coordination étroite entre les médecins et les équipes soignantes. La gérontopsychiatrie et la psychogériatrie jouent ici un rôle essentiel : elles permettent une évaluation fine des troubles de l’humeur et une prise en charge adaptée aux particularités du grand âge.

Distinguer dépression et démence chez la personne âgée

La dépression de la personne âgée peut mimer des troubles neuro cognitifs peut également entraîner des symptômes dépressifs.

Les maladie type Alzheimersont une des principales causes de dépendance chez les personnes âgées. Le syndrome de démence désigne un ensemble de troubles neurologiques évolutifs et irréversibles affectant le cerveau : perte de la capacité à se souvenir, raisonner ou avoir un comportement adapté, troubles de l’humeur. La démence la plus fréquente est associée à la maladie d’Alzheimer.  

Certains symptômes de la dépression et des troubles neuro cognitifs (notamment la confusion, la difficulté à se souvenir, les troubles de l’attention ou de la concentration...) peuvent donc se ressembler fortement. Néanmoins, si on soigne la dépression, une personne âgée dépressive retrouvera un équilibre émotionnel et sa santé mentale s’améliorera. Une personne atteinte de démence ou d’une maladie neurodégénérative ne verra pas une amélioration de ses symptômes même sous traitement.

Accompagner une personne âgée dépressive dans son entourage : diagnostic, traitement et soutien

Quel que soit l’âge, la prise en soins de la dépression repose sur une approche globale et multidisciplinaire.

En tant que proche ou aidant d’une personne âgée dépressive, il est important de se faire aider.

Le diagnostic de la dépression 

Le diagnostic est essentiel car la dépression a des conséquences importantes chez la personne âgée :

  • baisse de la qualité de vie
  • baisse de la durée de vie
  • risque suicidaire
  • perte d’autonomie
  • augmentation du risque d’hospitalisation

Le diagnostic de la dépression repose sur une consultation avec le médecin traitant en première intention, complétée par une évaluation par un médecin psychiatre (voire en psychogériatrie ou gérontopsychiatrie, spécialisées dans les troubles de l’humeur du grand âge) et accompagné par un psychologue.

La démarche diagnostique passera par :

  • un entretien médical (pour identifier des antécédents de dépression, d’alcoolisme, un épisode douloureux récent, un traitement médicamenteux...)
  • complété par un bilan somatique (examen clinique et biologique car certaines maladies peuvent entraîner des dépressions secondaires comme des maladies neurodégénératives, des maladies de la thyroïde, etc.)
  • L’évaluation de la dépression, avec les nombreuses échelles à disposition des professionnels et un entretien clinique

Le suivi médical et les traitements adaptés

Le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux, ajusté à l’âge et à l’état de santé du patient. Un suivi régulier permet de surveiller l’efficacité du traitement et de prévenir les effets indésirables.

Dépister et traiter les éventuels problèmes auditifs et visuels qui peuvent apparaitre avec l’avancée en âge est également essentiel car cela contribue également à éviter l’isolement et le repli sur soi.

La psychothérapie

Les approches psychothérapeutiques, individuelles ou en groupe, favorisent l’expression des émotions et restaurent la confiance en soi. La parole thérapeutique reste un levier important, même à un âge avancé.

Les approches non médicamenteuses

L’activité physique, la participation à des ateliers créatifs, la stimulation cognitive ou sensorielle (musicothérapie, art-thérapie, jardin thérapeutique) sont des facteurs protecteurs. Ces activités renforcent la motivation et redonnent du sens au quotidien.

La luminothérapie a également une influence favorable.

Le rôle  du lien social

Le maintien d’un lien familial et amical régulier est essentiel ; il est idéal de multiplier les occasions d’interactions sociales. Une simple visite, un échange ou un appel téléphonique peuvent rompre le sentiment de solitude ou d’abandon et raviver le plaisir de partager.

Les animations au sein des résidences sont un bon moyen de lutter contre l’isolement et le repli tout en valorisant les capacités préservées des personnes.

Quelles actions de prévention et quel accompagnement de la dépression au sein de ses maisons de retraite emeis ?

Dans les maisons de retraite emeis, la dépression est abordée comme une fragilité, nécessitant écoute, attention et accompagnement global.

Une équipe pluridisciplinaire mobilisée pour accompagner et soigner la dépression

Chez emeis, les résidents bénéficient d’un suivi et d’un accompagnement global et coordonné, assurés par le médecin coordonnateur, les infirmiers et aides-soignants, le psychologue, l’ergothérapeute ou psychomotricien, l’animateur, mais également tous les professionnels que l’équipe sollicite 

(par exemple, les kinésithérapeutes, l’éducateur en activités physiques adaptées ou éducateur sportif, ou encore, pour certains établissement un art-thérapeute, un thérapeute en médiation animale...). 

Dans l’optique de favoriser la qualité de vie des personnes âgées accueillies et de préserver leur autonomie, leurs objectifs communs consistent à: 

  • identifier précocement les signes de mal-être, 
  • adapter les soins et l’accompagnement, 
  • et encourager les interactions sociales.

Un dépistage préventif à l’admission et renouvelé au moins une fois par an

Dès l’arrivée d’un résident au sein d’une maison de retraite emeis, un dépistage du risque suicidaire est réalisé par un infirmier ou un psychologue, dans le cadre de l’évaluation gériatrique globale, selon les échelles de la dépression (GDS ou Cornell).

Pour compléter, une évaluation de l’état thymique est réalisée par le médecin coordonnateur. 

Un projet personnalisé adapté

Cette évaluation permet d’identifier et mettre en place l’accompagnement nécessaire et adapté pour chaque personne âgée accueillie :

  • Suivi et entretien individuel avec le psychologue,
  • Participation aux ateliers thérapeutiques (relaxation, revalorisation de soi, ...)
  • Soutien à la sociabilisation avec une stimulation particulière pour participer aux animations socio-culturelles, pour favoriser les échanges avec les autres résidents, par exemple à l’occasion des repas en salle de restaurant.

Un lien est établi avec le médecin traitant pour envisager la nécessité ou non de mettre en place un traitement médicamenteux.

Un soutien extérieur par une télé expertise interne ou par une équipe mobile de psychogériatrie peut être recherchée, si nécessaire, pour compléter l’accompagnement et la prise en charge de la dépression d’un résident au sein même de l’établissement. 

Un environnement rassurant et stimulant

Les établissements emeis sont conçus pour offrir repères et sécurité tout en favorisant la convivialité et le lien social

Le rythme de vie est adapté aux besoins de chacun, favorisant la détente et la sérénité. 

Les repas partagés, les animations quotidiennes et les moments d’échanges entre résidents, au sein des multiples lieux de vie que compte une maison emeis, permettent de rompre l’isolement.

Des activités de bien-être et de stimulation

Les équipes proposent des ateliers thérapeutiques variées : gymnastique douce, musicothérapie, relaxation, ... mais aussi des loisirs et des occasions d’échanges intergénérationnels. 

Chaque activité est une occasion de retrouver le plaisir d’agir et de ressentir.

Un accompagnement des familles / aidants

Les proches sont associés au projet de vie du résident. Des rencontres régulières permettent d’échanger sur l’évolution et les mesures de soutien mises en place. L’équipe emeis reste disponible pour répondre aux inquiétudes et partager des conseils pour maintenir le lien affectif.

Prévenir la dépression, un engagement quotidien chez emeis

Pour emeis, la prévention passe par la vigilance quotidienne, par l’attention portée à chacun, par la stimulation et l’animation de la vie sociale et la valorisation de chaque résident. 

Les équipes s’attachent à écouter les émotions, respecter le rythme et encourager l’expression de soi, dans une approche profondément humaine. 

Parce que vieillir ne doit jamais rimer avec isolement, les maisons de retraite emeis s’engagent à accompagner chaque personne dans un cadre chaleureux, apaisant et vivant, où le lien et la dignité sont au cœur du soin.

Me renseigner sur les fragilités liées à l'âge et découvrir les conseils d'emeis pour les accompagner

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La maladie d’Alzheimer (et pathologies apparentées) représente la première cause d’entrée en maison de retraite pour une personne âgée. Cette maladie neurodégénérative altère la mémoire, désoriente, bouscule les repères.

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Bien manger joue un rôle essentiel pour protéger la santé et contribuer au bien vieillir, en préservant de la dépendance. La dénutrition chez la personne âgée constitue un véritable enjeu de santé publique. 

Découvrez comment le programme ICOPE permet de repérer les risques de fragilités liés à l'âge dans un optique de prévention et de bien vieillir à domicile, et comment la grille AGGIR permet d’évaluer précisément le niveau d’autonomie des personnes âgées et de déterminer leur GIR, indispensable pour l’orientation en EHPAD ou l’accès aux aides comme l’APA.