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Risque et prévention des chutes chez les personnes âgées

Les chutes représentent l’un des principaux risques pour la santé et l’autonomie des personnes âgées. Mieux comprendre les facteurs de risque et les actions de prévention permet aux aidants et aux équipes soignantes d’agir efficacement au quotidien.

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Qu’est ce qu’une chute ? Le risque de chute augmente-t-il avec l’âge ?

Une chute se définit comme « le fait de se retrouver involontairement sur le sol ou dans une position de niveau inférieur par rapport à sa position de départ » selon la Haute Autorité de Santé (Avril 2019). La chute est associée à une perte d’équilibre entraînant un changement brutal de position avec des conséquences pouvant être graves. 

Le risque de chute augmente avec l’âge : 

  • Un tiers des personnes âgées de plus de 65 ans chute chaque année
  • La moitié des personnes âgées de plus de 85 ans chute chaque année

Et facteur aggravant : après une première chute, le risque de retomber est multiplié par 20. On parle de chutes répétées dans le cas de 2 chutes dans un intervalle de 6 à 12 mois.

Les principales conséquences des chutes sont les blessures et traumatismes qui vont retentir sur la qualité de vie et altérer l’autonomie de la personne âgée.

C’est pourquoi, chez emeis, aucune chute ne doit être banalisée … d’autant qu’elle peut être le premier signe d’alerte d’une situation à risque. 

Quels sont les causes et facteurs de risque des chutes chez les personnes âgées ? Comment repérer, prévenir et agir face au risque de chute ? Découvrez dans cette page le décryptage et les conseils des professionnels de nos maisons de retraite. 

Les facteurs de risque de chute chez une personne âgée

La chute est un symptôme très fréquent chez le sujet âgé, souvent la résultante de plusieurs facteurs : troubles neurologiques, sensoriels (altération de la vue, de l’ouïe), musculaires, articulaires, médicamenteux ou environnementaux.

Les facteurs de risque individuels favorisant la chute chez nos aînés

  • vieillissement
  • troubles locomoteurs, de l'équilibre et de la marche
  • séquelles d'accident vasculaire cérébral
  • pathologies chroniques (arthrose, hypotension, Parkinson…)
  • troubles mictionnels
  • troubles cognitifs ou démence : diminution des réflexes, de la double tâche, de l’attention à l’environnement
  • pathologies de la vision

 

Les facteurs précipitants

  • déshydratation
  • dénutrition, manque d'apports alimentaires, hypoglycémie
  • infection
  • Chaussage inadapté

 

Les principaux facteurs de risque liés à l’environnement  (2 chutes sur 3 surviennent à domicile)

  • Etat du sol (glissant, abîmé) et présence de tapis
  • Mauvais éclairage
  • Obstacles et encombrement (meubles) des circulations et espaces de vie
  • Manque d’appuis (barre de douche, main courante) ou appuis instables (adaptable, chariot)
  • Chaise/fauteuil trop bas ou instable dans lequel on se laisser tomber
  • Animaux domestiques 

 

Les facteurs de risque comportementaux

  • Peur de chuter
  • Consommation d’alcool
  • Automédication et prise de certains médicaments : neuroleptique, antihypertenseurs, diurétiques, hypnotiques, antalgiques
  • Manque d’activité physique au quotidien 
  • Pas de port des lunettes et/ou des appareils auditifs
  • Manque d’aide technique, refus ou incompréhension de l’utilisation de l’aide technique

Les conséquences d’une chute chez une personne âgée

Une chute a toujours des conséquences, plus ou moins perceptibles, pour une personne âgée.

Plus le temps passé au sol suite à une chute est long, plus les conséquences physiologiques et psychologiques sont lourdes pour la personne âgée. 

Il peut s’agir de conséquences :

  • Physiques et traumatiques : hématomes, fractures, plaies, réduction de l’indépendance motrice, décès (les chutes constituent la 1ère cause de décès accidentel chez les seniors)
  • Psychologiques : perte de confiance en soi, image de soi, peur de rechuter (syndrome de désadaptation psychomotrice ou post-chute), anxiété, syndrome dépressif
  • Sociales : réduction des activités, repli sur soi, renoncement à la vie sociale, 

En effet, on observe parfois un cercle vicieux suite à une chute : la personne âgée va restreindre ses activités par peur de rechuter ; elle va progressivement voir ses capacités diminuer et perdre en autonomie par manque d’activité et de stimulation, ce qui majore le risque de chuter à nouveau. 

C’est pourquoi, chez emeis, nous considérons qu’il essentiel d’avoir conscience des risques, de sensibiliser, et d’agir en prévention sur le risque de chute de nos aînés.

Etre conscient du risque de chute et repérer les situations à risque pour être en capacité d’agir

Comme toujours, le 1er réflexe est de consulter votre médecin traitant et.ou de faire appel à des professionnels de santé rééducateurs (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens) qui pourront évaluer le risque de chute et vous proposer un accompagnement, un plan d’aide et des actions de prévention adaptés.

Il faudra rechercher les facteurs de risque individuels, comportementaux mais également présents dans l’environnement de la personne âgée. 

Connaitre les gestes et postures pour se lever … et pour se relever en cas de chute

50% des chuteurs sont incapables de se relever seuls.

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Savoir repérer les situations à risques de chutes pour une personne âgée

  • Connaitre ses limites : sentir monter la fatigue, éviter les travaux de force, prévoir de s’asseoir en téléphonant, acheter les objets lourds ou encombrants à la fin de ses courses pour les porter moins longtemps 
  • Identifier les lieux à risques : sols glissants (eau, feuilles mortes, verglas…), sols irréguliers (pavés, moquettes,…), sols instables (mousse, travaux…), lieux très fréquentés ou espaces encombrés au sol

 

Savoir adapter son comportement face au risque de chute avec l’avancée en âge

  • Prendre des précautions lors de la réalisation de mouvements générateurs de malaises : demi-tours et changements de direction précipités, en attrapant des objets au sol ou placés en hauteur, en changeant de position trop rapidement (couché-assis, ou assis-debout)
  • Accepter les aides pour se déplacer et pour continuer de sortir de son domicile : l’aide d’un proche ou d’un auxiliaire de vie (donner le bras lors de promenades, récupérer les objets hors de portée, etc…), les aides techniques pour stabiliser les appuis (canne, déambulateur…) ou matérielles (rehausseur, barres d’appui, barres de redressement, téléalarme…)
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Anticiper et prévenir le risque de chute chez nos aînés : les conseils emeis pour les aidants

Prévoir avant l’urgence de la chute

  • Envisager de souscrire à une télé-assistance 
  • Placer un téléphone près du sol ou accessible depuis le sol 
  • Enregistrer les numéros utiles (urgences, familles, voisins) 
  • Confier ses clés à un proche qui pourra intervenir rapidement (famille, voisin, concierge)

 

Les 5 « A » pour lutter contre le risque de chute chez une personne âgée

  • Améliorer son équilibre
  • Augmenter sa force musculaire
  • Arranger les troubles sensoriels
  • Arrêter les traitements sédatifs
  • Aménager l’environnement et le cadre de vie de manière adaptée

 

Découvrez les conseils de nos rééducateurs pour aménager le domicile d’une personne âgée pour prévenir le risque de chute

 

Rester en forme : maintenir un bon état de santé général et préserver son autonomie

 

Bouger régulièrement

  • Pratiquer une activité physique chaque jour
  • Sortir et marcher
  • Stimuler ses fonctions cognitives

Bien dormir 

  • Respecter son cycle de sommeil
  • Faire la sieste allongée (pas au fauteuil)
  • Ne pas prendre de somnifère au long cours

 

Manger équilibré

  • S’alimenter 4 fois par jour et ne pas sauter de repas
  • Consommer des protéines (nourrir les muscles) et du lait /produits laitiers (pour des os solides) 
  • Boire tout au long de la journée (1,5 litres d’eau/jour)

 

Suivre ses traitements

  • Respecter scrupuleusement les prescriptions et éviter l’auto-médication.
  • Eviter d’avoir recours aux somnifères
  • Sauf en cas de protocole médical établi, éviter les régimes restrictifs pour prévenir les malaises.
  • Compenser les déficits sensoriels (dépistage des troubles de la vie et des troubles auditifs, port des lunettes et appareils)

 

Utiliser les aides techniques si nécessaire selon les prescriptions médicales, pour sécuriser les déplacements, à domicile et en extérieur

  • Cannes ou tripodes pour compenser des déséquilibres du bassin
  • Le cadre de marche pour remplacer les 2 cannes anglaises en cas de déficit de force des membres supérieurs
  • Le déambulateur pour stabiliser les déséquilibres latéraux et frontaux
  • Le rollator, très utile en extérieur car doté d’une assise pour se reposer et d’un panier pour les courses 

La prise en charge du risque de chutes au sein des maisons de retraite emeis

Au sein des maisons de retraite emeis, l’objectif de notre accompagnement est de préserver la qualité de vie et l’autonomie des résidents , tout en réduisant les risques de chute grave, sachant que le « risque 0 » n’existe pas (comme mentionné précédemment, le risque de chute augmentant avec l’âge).

Un accompagnement personnalisé à l’issue d’une évaluation

L’équipe médicale et paramédicale de nos Ehpad a pour mission d’évaluer le risque de chute dès l’admission de chaque personne âgée accueillie, à l’occasion de l’évaluation gériatrique.

Le projet personnalisé proposé tient compte de cette évaluation et met en place un objectif de prise en soin pour diminuer ce risque de chute, tout en préservant au maximum l’autonomie et la qualité de vie.

Cela peut conduire à prescrire des séances de rééducation, la participation à des ateliers de prévention du risque de chute, l’adaptation du matériel et de l’environnement, et à proposer un accompagnement personnalisé.

Nos équipes sont sensibilisées une fois par an sur la thématique des chutes. Au quotidien nos équipes sont donc sensibilisées aux comportements et actions qui permettent de limiter le risque de chute

  • Encourager ou aider les résidents souvent assis à marcher chaque jour (si possible - diminuer au maximum le temps d'alitement ou au fauteuil)
  • Favoriser la participation du résident aux différentes activités proposées
  • Eviter de faire attendre, un résident impatient peut se mettre en danger
  • Mettre les objets à proximité du résident (téléphone, eau, télécommande…)
  • Mettre les lunettes et les appareils auditifs, rapprocher les aides techniques
  • Veiller à ce que les tenues et chaussures soient adaptées (en évitant des pantalons trop longs ou trop larges, absence de ceinture)
  • Surveiller l’état des pieds et traiter tout problème 

Prévention des chutes et contention.

Chez emeis, nous visons le « 0 » contention. 

En effet, si la contention peut limiter le risque de chute sur le moment, cela se fera en limitant la liberté d’aller et venir et l’autonomie, et en réduisant la qualité de vie des résidents, avec des effets délétères prouvés sur la santé (risque traumatique, chute plus grave, souffrance psychique, perte musculaire, retentissement social).

C’est pour cela que le recours à la contention doit être restreint à des situations exceptionnelles, et défini dans un cadre formalisé, partagé avec le résident et ses proches, et en ayant bien conscience des risques. Nous avons conçu une réglette « Liberté Autonomie Sécurité » ; un outil de communication élaboré dans cet objectif de médiation.

 

En cas de chute au cours du séjour

La famille est systématiquement informée, de même que le médecin traitant du résident, quelles que soient les conséquences de la chute. Chaque chute doit faire l’objet d’une évaluation médicale réalisée par le médecin traitant (ou médecin appelé dans l’urgence : SAMU,SOS…).

Une réévaluation de l’accompagnement et du projet personnalisé peut être proposé. Les objectifs/actions de prise en soin sont en effet modifiables à tout moment, selon l’évolution de l’état de santé de la personne et à minima une fois par an dans le cadre de la réévaluation du projet personnalisé.

 

Expérimentation de dispositifs connectés innovants

Nos maisons sont aménagées pour limiter le risque de chute (éclairage, agencement, barre d’appui…). En complément, des solutions connectées peuvent être expérimentées dans quelques établissements pour aider à prévenir ou accompagner le risque de chute et évaluer leur efficacité et leur impact sur la qualité de vie des résidents et les conditions de travail de nos soignants, dont notamment :

  • Draps connectés : détection et alerte personnalisée en cas de sortie du lit
  • Détecteurs de chute : alerte qui permet une intervention rapide
  • Montre connectée : alerte en cas de chute et d’une sortie…