Alzheimer : les premiers signes et symptômes
Un prénom qu’on cherche. Une question posée deux fois. Une recette qu’on ne réussit plus tout à fait. Au début, ces moments semblent anodins. Ils ressemblent à la fatigue, à la distraction, à l’âge peut-être. Mais lorsque ces oublis deviennent fréquents, qu’ils s’accompagnent de désorientation ou de changements d’humeur, et surtout si la personne concernée ne s’en rend pas compte, il peut s’agir des premiers signes de la maladie d’Alzheimer.

Reconnaître ces signaux, c’est permettre une prise en charge précoce et préserver la qualité de vie de la personne concernée.
Chez emeis, nos équipes formées à la prise en soin de la maladie d’Alzheimer accompagnent nos aînés et leurs familles dans cette étape souvent délicate, où le doute se mêle à l’inquiétude.
Maladie d’Alzheimer : quand faut-il s’inquiéter ?
La maladie d’Alzheimer est une affection neurodégénérative : elle évolue lentement, parfois pendant des années avant d’être identifiée. Elle touche les neurones, ces cellules qui assurent la transmission des informations dans le cerveau.
Les premiers signes apparaissent souvent de manière subtile :l’oubli de mots ou l’apparition de mots sans aucun lien avec le discours (on appelle cela une intrusion, et celle-ci peut persévérer), les troubles de la syntaxe (quand l’ordre des mots, sujets, compléments ou des verbes n’est pas correct). On les attribue à la fatigue, au stress ou au vieillissement naturel.
Un oubli isolé n’a rien d’alarmant. Ce qui doit alerter et vous conduire à consulter votre médecin traitant, c’est la répétition, l’association de plusieurs difficultés et la désorganisation du quotidien.
C’est cette accumulation de petits décalages qui distingue la maladie d’un simple ralentissement lié à l’âge, surtout quand ils ne sont pas perçus par la personne qui les rencontre et qu’ils sont accompagnées d’un changement de caractère et/ou d’un désintérêt pour le monde environnant.
En effet, ces différents signaux peuvent témoigner d’une désorganisation du fonctionnement cérébral, notamment dans les zones liées à la mémoire récente, au langage et à l’orientation.
Les principaux symptômes et troubles de la maladie d’Alzheimer
A l’évocation de la maladie d’Alzheimer, la première représentation qui vient à l’esprit est celle de la perte de la mémoire ainsi qu’une certaine confusion du malade. Malheureusement, les symptômes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas limités à ces difficultés cognitives, déjà très handicapantes.
En effet, les 5 grands troubles de la maladie d’Alzheimer sont :
L’amnésie : perte partielle ou totale de la mémoire
L’aphasie : perte de la faculté de s’exprimer ou de comprendre le langage
L’agnosie : troubles de reconnaissance des visages, des objets, des sons …
L’apraxie : difficulté à effectuer / coordonner certains gestes
La perte des fonctions exécutives et de la capacité à adapter son comportement à un contexte donné
Les premiers signes et symptômes varient d’une personne à l’autre. Chez certains, la maladie se traduit d’abord par des oublis, d’autres par des difficultés à parler ou à s’orienter. Dans tous les cas, ils méritent une attention bienveillante de la part de l’entourage.
La maladie d’Alzheimer est d’une grande complexité car elle se décline en un très grand nombre de manifestations et de symptômes. Chaque patient est différent et ses troubles doivent être abordés de manière différenciée.
Ce qu’il est important de retenir c’est qu’il n’y a pas une maladie d’Alzheimer mais une multitude de maladies d’Alzheimer tant les troubles sont nombreux.
En voici quelques-uns :
L’amnésie et les troubles de la mémoire
Le plus souvent, la maladie débute par une atteinte de la mémoire récente. La personne oublie un événement récent, un rendez-vous, le contenu d’une conversation. Elle peut poser plusieurs fois la même question, chercher ses lunettes qu’elle a sur la tête ou confondre les dates.
Ces oublis touchent la mémoire épisodique, celle du quotidien. La mémoire ancienne — les souvenirs d’enfance, les visages familiaux, les chansons — reste plus longtemps préservée. C’est d’ailleurs ce qui rend la maladie si déconcertante : on se souvient d’hier, mais plus de ce matin.
L’aphasie et les troubles du langage
La maladie d’Alzheimer est également marquée par la perte de la faculté de s’exprimer ou de comprendre le langage. Trouver ses mots devient difficile. Les phrases se raccourcissent, les mots précis laissent place à des expressions vagues : « la chose », « le truc », « le machin ». Parfois, la personne s’interrompt en plein milieu d’une phrase, faute d’avoir retrouvé le mot manquant.
On peut aussi faire face à l’écholalie, quand la personne répète un mot ou un groupe de mots entendu ou dit ; mais aussi à la palilalie, quand la personne répète involontairement un ou plusieurs mots en s’exprimant ou enfin à l’aphasie, quand la personne perd le langage ou émet des sons aléatoires.
Ces troubles ne sont pas dus à un simple manque de concentration. Ils traduisent une atteinte de la zone du langage dans le cerveau. Avec le temps, ils peuvent s’accompagner d’une perte de compréhension des conversations plus longues ou abstraites.
Les troubles de l’orientation et de la reconnaissance
La désorientation est un autre signe fréquent de la maladie d’Alzheimer. La personne se perd dans un lieu qu’elle connaît pourtant bien, confond les jours, les saisons, ou oublie pourquoi elle est sortie. Parfois, elle ne reconnaît plus un visage familier, ou bien elle confond les générations : sa fille devient sa sœur, son mari un parent lointain. L’agnosie, ou troubles de reconnaissance (des visages, des objets, des sons, des lieux…,) peuvent être très angoissants.
Dans les unités spécialisées Alzheimer des EHPADemeis, les espaces de vie sont pensés pour rassurer : couleurs repères, signalétique douce, rythme de journée stable. Tout est conçu pour redonner des points d’ancrage à la personne désorientée.
Les troubles du raisonnement et de la planification
Faire un chèque, suivre une recette, composer un numéro de téléphone… des gestes simples deviennent soudain complexes. Le raisonnement logique s’altère, les étapes se mélangent, la personne s’impatiente ou abandonne.
Ces difficultés traduisent une atteinte des fonctions exécutives : la capacité à organiser, planifier et réaliser une tâche. Elles fragilisent l’autonomie et peuvent amener la personne à se replier sur elle-même, par peur de l’échec.
C’est pourquoi, dans les résidences emeis, nous encourageons la valorisation des capacités préservées : les gestes familiers, les activités simples, les routines sécurisantes. L’objectif n’est pas de faire « comme avant », mais de continuer à faire « à sa manière ».
Les changements de comportement et d’humeur
La maladie peut également conduire à modifier la manière d’être, d’interagir, de ressentir. La personne peut devenir irritable, anxieuse, méfiante — ou au contraire, apathique, indifférente à ce qui l’entoure.
Ces transformations sont souvent déstabilisantes pour l’entourage. Elles ne relèvent pas d’un changement de personnalité, mais d’une altération du contrôle émotionnel liée à la maladie.
Chez emeis, les équipes sont formées à décoder ces réactions et à y répondre sans confrontation : un ton apaisé, un contact doux, une attitude rassurante suffisent bien souvent à rétablir le calme.
Alzheimer ou simple vieillissement ?
Vieillir n’est pas tomber malade. Les oublis liés à l’âge sont rares, isolés et réversibles : on finit par se souvenir d’un mot, d’un nom, d’un lieu. Dans la maladie d’Alzheimer, les troubles sont fréquents, irréversibles et désorganisent la vie quotidienne.Faire la différence n’est pas toujours simple, mais un regard attentif et bienveillant aide à poser les bonnes questions et à consulter au bon moment.
Pourquoi un diagnostic précoce est-il important ?
Poser un diagnostic ne revient pas à mettre une étiquette. C’est au contraire une clé pour agir, pour mieux comprendre ce qui se passe et organiser un accompagnement adapté.
Un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer permet d’éviter des situations de crise, d’anticiper les besoins et de soutenir plus efficacement la personne et sa famille.
Les bénéfices d’une détection précoce de la maladie d’Alzheimer :
- Les traitements symptomatiques sont plus efficaces lorsqu’ils sont instaurés tôt et permettent d’éviter une destruction rapide et massive des neurones
- Le logement peut être adapté avant la perte d’autonomie (repères visuels, sécurité, routine)
- La personne peut participer elle-même aux décisions concernant son projet de vie
- Les proches bénéficient d’un soutien psychologique et d’un accompagnement administratif plus tôt.
Le diagnostic n’est pas une fin en soi. Il redonne au malade du pouvoir sur sa vie en le plaçant comme acteur de la maladie.
Alzheimer : que faire si vous remarquez des signes chez un proche ?
Dialoguer sans brusquer
Aborder le sujet demande tact et délicatesse. Face à un proche qui oublie, se répète ou se perd, la première réaction doit être la bienveillance. Évitez les remarques blessantes ou les confrontations (« tu l’as déjà dit ! »). Préférez une attitude d’écoute et de douceur. L’objectif n’est pas de convaincre, mais d’ouvrir le dialogue.
Consulter un professionnel de santé
Le médecin traitant est la première étape. Il peut évaluer les troubles observés, prescrire des tests cognitifs (MMSE, test de l’horloge, MoCA) et, si nécessaire, orienter vers une consultation mémoire. Des examens d’imagerie ou biologiques peuvent compléter cette évaluation pour confirmer ou écarter la maladie d’Alzheimer.
Être accompagné dans cette démarche
Chez emeis, nous savons combien cette période est sensible. Nos équipes sont à l’écoute des familles des résidents accueillis pour les guider sur la manière d’agir au fur et à mesure de l’avancée de la maladie. Dans nos EHPAD disposant d’une unité de vie spécialisée dans l’accompagnement de la maladie d’Alzheimer, les soignants, psychologues et animateurs travaillent ensemble pour observer les comportements, stimuler les capacités préservées et accompagner avec respect.
La prise en charge de la maladie d’Alzheimer dans les EHPAD emeis
La détection précoce de la maladie d’Alzheimer n’a de sens que si elle permet de mettre en place un accompagnement adapté. Dans les EHPAD emeis, tout est pensé pour accueillir la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer dans un cadre sécurisant et apaisant.
Nos équipes pluridisciplinaires (médecins, infirmiers, psychologues, psychomotriciens, animateurs) travaillent ensemble pour créer un environnement qui stimule sans fatiguer, qui rassure sans infantiliser. Les unités protégées permettent la liberté de mouvement tout en offrant la sécurité.
Des activités adaptées sont proposées :
ateliers mémoire et sensoriels
art-thérapie, musicothérapie
espaces Snoezelen et jardins thérapeutiques
moments de partage intergénérationnels
Chaque projet de vie est personnalisé, évolutif, construit avec la famille.
Chez emeis, nous aidons tous nos résidents à rester acteurs de leur vie, malgré et avec la maladie.
Vous remarquez des oublis fréquents ou un changement de comportement chez un proche qui vous alerte ? Parlez-en d’abord à votre médecin et n’hésitez pas à contacter nos équipes.
Nous prenons le temps d’écouter, d’observer et de vous orienter vers la solution la plus adaptée.




