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Maladie d'Alzheimer et âge : à partir de quand faut-il s'interroger ou s’inquiéter ?

Avec l’âge, il est fréquent d’observer des troubles de la mémoire ou un certain ralentissement intellectuel. Ces évolutions peuvent susciter des inquiétudes, pour soi-même ou pour un proche. Pourtant, tous les oublis ne relèvent pas de la maladie d’Alzheimer. Si l’âge constitue le principal facteur de risque, la maladie n’est pas une fatalité de la sénescence. Il est donc essentiel de distinguer les manifestations liées au vieillissement du cerveau des signes qui doivent conduire à s’interroger et consulter.

Ce contenu a été rédigé en collaboration avec le Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis

Quel est l'âge moyen d'apparition de la maladie d'Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer est fortement liée à l’âge, mais elle n’apparaît pas de manière uniforme chez chaque personne concernée.

Les statistiques : une maladie liée au grand âge

En France, la majorité des diagnostics de maladie d’Alzheimer concernent des personnes âgées. L’âge moyen de diagnostic se situe généralement autour de 72 ans. Aujourd’hui, avant 65 ans, la maladie reste rare. Cette évolution progressive du risque explique pourquoi la maladie est souvent associée au grand âge.

Ces données doivent être interprétées avec prudence : elles donnent un cadre général, mais ne permettent pas à elles seules de poser un diagnostic.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Aujourd’hui, il y a environ un million de personnes atteintes de troubles cognitifs chroniques majeurs en France. Selon plusieurs études, on estime une augmentation des cas à 2 millions en 2050. Cela s’explique en partie par l’allongement de la vie humaine et par les avancées dédiées au diagnostic, qui pourra être réalisé plus facilement et plus tôt, et permettra donc de détecter davantage de personnes concernées. »

La maladie d'Alzheimer n'est pas une étape normale du vieillissement

Il est courant d’associer vieillissement et perte de mémoire. Pourtant, vieillir n’implique pas de développer une maladie neurodégénérative ou une forme de démence. Le vieillissement du cerveau peut certes entraîner certains changements mais ces derniers restent généralement modérés.

La maladie d’Alzheimer, en revanche, correspond à un processus pathologique, avec une altération progressive des fonctions cognitives.

Maladie d'Alzheimer et démence : symptômes, diagnostic et lien

 

Oublis liés à l'âge ou maladie d'Alzheimer : comment faire la différence ?

Face à des troubles de la mémoire, les inquiétudes sont légitimes. Les oublis liés à l’âge peuvent néanmoins être tout à fait bénins.

L'oubli bénin et le vieillissement physiologique

Avec l’âge, il est courant d’observer :

  • un léger ralentissement dans la recherche d’un mot ;
  • le fait d’oublier temporairement un nom ou un rendez-vous ;
  • la perte occasionnelle d’un objet du quotidien. 

Dans ces situations, l’information revient généralement après un moment. Ces oublis n’empêchent pas de mener ses activités habituelles. Au sein des maisons de retraite emeis, ces oublis bénins, couramment observés chez nos résidents par les familles ou l’équipe soignante, ne traduisent pas nécessairement une maladie. Il s’agit là du vieillissement physiologique naturel du cerveau.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Il est normal d’oublier quelques petites choses en vieillissant. La principale distinction entre le vieillissement physiologique et le déclin cognitif pathologique, c’est que, dans le premier cas, la personne se souvient de ce qu’elle a oublié. On dit souvent « ça me revient ». Le cerveau devient naturellement moins flexible et on observe une perte de la concentration. Dans le cas d’un trouble cognitif, notamment lié à la maladie d’Alzheimer, ce que la personne a oublié ne revient pas. C’est ce qu’on appelle un défaut d’encodage. L’encodage, c’est-à-dire le traitement de l’information qui provient de l’environnement et des sens, ne se fait plus. »

Le déclin cognitif pathologique : les situations préoccupantes

Certaines situations doivent en revanche attirer l’attention. Par exemple :

  • oublier des informations récentes de manière répétée ;
  • se perdre dans des lieux familiers ; 
  • avoir des difficultés à accomplir des tâches habituelles

Ces troubles peuvent traduire un déclin cognitif plus marqué, sans que cela soit systématiquement le cas, et méritent une évaluation.

Alzheimer : les premiers signes, symptômes et signes précurseurs

 

Quand et qui consulter face à un doute ?

En cas de doute, le premier réflexe consiste à en parler au médecin traitant. Une consultation est recommandée lorsque les troubles :

  • se répètent dans le temps ;
  • s’aggravent ;
  • ou affectent l’autonomie au quotidien. 

Le rôle du médecin est d’évaluer la situation et, si nécessaire, d’orienter vers des examens complémentaires. Il est important de ne pas rester dans l’incertitude, pour soi ou pour un proche.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Il est possible de réaliser le test des 5 mots de Dubois. Il s’agit d’un outil d’évaluation cognitive rapide qui consiste à donner une liste de cinq mots au patient et à lui demander de les répéter immédiatement, puis cinq minutes plus tard. Ce test permet d’évaluer rapidement la récupération de l’information, l’encodage et le stockage. Il ne permet pas de faire un diagnostic, mais il doit encourager à des examens complémentaires si les résultats ne sont pas bons. »

La maladie d'Alzheimer à début précoce (avant 65 ans)

Si la maladie d’Alzheimer concerne majoritairement les personnes âgées, il existe des formes plus précoces.

Les jeunes malades : une réalité minoritaire

Les formes précoces, avant 65 ans, représentent une faible proportion des cas. Elles concernent environ 5% des patients. En 2023, en France, on recensait 33 000 patients de moins de 65 ans, dont 5000 patients de moins de 60 ans. La probabilité de développer une maladie d’Alzheimer à un âge plus jeune reste donc limitée.

Alzheimer précoce : comment identifier la maladie chez les sujets jeunes ?

 

Formes précoces et hérédité : quel est le lien ?

Les formes précoces peuvent, dans certains cas, être associées à des facteurs génétiques. Ces situations restent cependant rares et concernent des profils spécifiques. Dans la majorité des cas, la maladie d’Alzheimer n’est pas directement héréditaire. Les facteurs de risque sont multiples et ne se résument pas à la génétique.

 

 

FAQ : Vos questions sur l'âge, la mémoire et la maladie d'Alzheimer

Quel est l'âge minimum pour avoir la maladie d'Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer peut apparaître avant 65 ans, mais ces formes précoces restent rares. Dans la majorité des cas, la maladie est diagnostiquée chez des personnes âgées de plus de 70 ans.

Est-il normal de perdre la mémoire en vieillissant ?

Un certain ralentissement cognitif est fréquent avec l’âge. Il peut se traduire par des oublis occasionnels ou des difficultés à retrouver un mot. En revanche, une perte de mémoire persistante et évolutive ne doit pas être considérée comme normale.

Quels sont les premiers signes de la maladie d’Alzheimer à surveiller ?

« L’un des premiers signes de la maladie d’Alzheimer est un trouble olfactif. », explique le Dr. Garnier. « La personne atteinte ne parvient plus à distinguer certaines odeurs ou a l’impression de ne sentir plus rien. C’est un trouble peu connu et qui est rarement associé à la maladie d’Alzheimer, mais qui doit encourager une consultation médicale. » Parmi les premiers signes, on retrouve également des troubles de la mémoire récente, comme l’oubli répété d’informations nouvelles. Ces manifestations peuvent s’accompagner d’une désorientation ou de difficultés dans les tâches du quotidien.

Comment ralentir le vieillissement du cerveau ?

Certaines habitudes contribuent à maintenir les capacités cognitives : activité physique régulière, stimulation intellectuelle, interactions sociales et équilibre alimentaire. Ces éléments participent à la santé globale du cerveau.

Pertes de mémoire : à quel moment dois-je vraiment consulter ?

Une consultation est recommandée lorsque les troubles de la mémoire deviennent fréquents, s’aggravent ou perturbent la vie quotidienne. En cas de doute, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé afin d’obtenir un avis adapté.

Quelle est l’espérance de vie d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ?

L’espérance de vie d’une personne atteinte d’Alzheimer varie entre 8 et 12 ans après le diagnostic. Cela dépend fortement de l’âge au moment de l’apparition de la maladie. Après 70 ans, l’espérance de vie peut varier entre 7 et 10 ans ; entre 5 et 7 ans après 80 ans ; et enfin, après 85 ans, entre 3 et 5 ans.