Aller au contenu principal

Accompagnement, traitements et prise en charge de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer s’inscrit dans un parcours évolutif, qui nécessite une organisation progressive des soins et de l’accompagnement. La prise en charge ne repose pas uniquement sur les traitements médicaux. Elle associe un suivi coordonné, des approches non médicamenteuses et un environnement adapté pour les patients, et un soutien constant des aidants. L’objectif emeis est double : préserver l’autonomie de la personne malade aussi longtemps que possible et maintenir une qualité de vie au quotidien.

Ce contenu a été rédigé en collaboration avec le Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis

Le parcours de soin : l'organisation de l'accompagnement

Chez emeis, la prise en charge de la maladie d’Alzheimer repose sur une organisation structurée, qui évolue selon les besoins de la personne et le stade de la maladie. Elle mobilise différents professionnels et dispositifs, à domicile comme en établissement.

Le médecin traitant et l'équipe pluridisciplinaire

Le médecin traitant est souvent le premier interlocuteur. Il coordonne le suivi global et oriente vers des spécialistes, comme le neurologue ou le gériatre, pour confirmer le diagnostic Alzheimer et ajuster les traitements.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Le médecin traitant est l’acteur majeur. C’est lui qui intervient au début de la prise en charge, bien avant l’entrée en EHPAD ou l’hospitalisation. Il est au cœur des rouages du parcours de soins. Il met en place l’équipe la plus large possible autour du patient. Dans le cas d’un maintien à domicile ou au domicile de l’aidant, c’est le médecin traitant qui oriente vers les associations de malades, les structures officielles portées par le département et les dispositifs adéquats. Plus il y a d’interactions, mieux c’est. »

Autour de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, une équipe pluridisciplinaire intervient progressivement : infirmiers, orthophonistes, psychologues ou encore ergothérapeutes. Chacun agit sur un aspect précis des troubles, qu’ils soient cognitifs, physiques ou comportementaux.

Cette coordination permet d’adapter et de personnaliser les soins au fil de l’évolution de la maladie et d’éviter les ruptures dans le parcours.

Aides financières et reconnaissance (ALD, APA)

La maladie d’Alzheimer peut être reconnue comme affection de longue durée (ALD 15). À ce titre, les soins médicaux liés à la maladie sont pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie.

D’autres dispositifs complètent cette prise en charge financière. L’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) permet de financer une partie des aides à domicile ou du coût de l’accueil en EHPAD, dans une unité de soins adaptés (USA). Selon la situation, des aides sociales ou fiscales peuvent également être mobilisées.

Ces dispositifs évoluent en fonction du niveau de dépendance et du mode de vie choisi, entre maintien à domicile et hébergement spécialisé.

La prise en charge médicale et la recherche

Les traitements médicaux constituent un des piliers de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Ils visent principalement à agir sur les symptômes.

Soulager les symptômes : les médicaments actuels

Les médicaments actuellement disponibles permettent, dans certains cas, de stabiliser temporairement les troubles cognitifs ou de ralentir leur progression. Ils peuvent également atténuer certains symptômes, comme l’anxiété ou les troubles du comportement.

En revanche, ces traitements ne permettent pas de guérir la maladie. Leur efficacité varie selon les personnes et les stades de la maladie.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Les traitements dédiés à la maladie d’Alzheimer, malgré les recherches et les avancées, restent aujourd’hui rares. Les résultats sont très modestes. En tant que médecin coordonnateur en EHPAD, je vois peu de patients bénéficiés de ces médicaments. Les médicaments le plus souvent administrés ne ciblent pas la maladie d’Alzheimer mais les symptômes ou les maladies concomitantes, comme les maladies cardiovasculaires ou somatiques. »

L'espoir des nouveaux traitements

La recherche se poursuit pour mieux comprendre les mécanismes de la maladie d’Alzheimer et développer de nouvelles approches thérapeutiques. Certaines pistes, comme l’immunothérapie, visent à agir directement sur les causes biologiques.

Traitements Alzheimer : médicaments et avancées de la recherche

L'importance des Interventions Non Médicamenteuses (INM)

Seuls, les traitements médicamenteux ne suffisent pas. Les interventions non médicamenteuses occupent une place centrale dans l’accompagnement Alzheimer.

Une approche centrée sur le bien-être du patient

Les interventions non médicamenteuses regroupent différentes approches, comme la musicothérapie, l’art-thérapie ou encore la médiation animale. Elles visent à stimuler les capacités restantes, tout en respectant le rythme de la personne.

Ces approches s’inscrivent dans une logique globale de bien-être, en tenant compte des besoins émotionnels et sociaux du patient. Certaines maisons de retraite emeis disposent d’un pôle d’activités et de soins adaptés (PASA), destiné aux résidents atteints de troubles cognitifs modérés tels que la maladie d’Alzheimer.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Aujourd’hui, la professionnalisation et l’expertise gériatrique dans les structures d’accueil se sont renforcées. Il y a une vraie reconnaissance de la prise en charge psychosociale du patient, aujourd’hui essentielle dans le parcours de soins. Stimulations cognitives, maintien de l’autonomie, ateliers collaboratifs, moments de partage… Les établissements disposent aujourd’hui de psychomotriciens, d’ergothérapeutes, de psychologues. C’était le cas avant, mais leur temps d’accompagnement a largement augmenté. Ils sont au cœur du projet. »

Apaiser les troubles du comportement sans médicaments

Certaines méthodes, notamment les approches sensorielles, permettent de réduire l’agitation, l’anxiété ou les troubles du comportement sans recourir systématiquement aux médicaments. Les interventions non médicamenteuses (INM) contribuent à maintenir un environnement apaisant, ce qui est essentiel pour la personne malade comme pour les aidants.

Les Interventions Non Médicamenteuses pour accompagner la maladie d’Alzheimer

L'hygiène de vie comme bouclier cognitif

Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un sommeil de qualité contribuent à préserver les capacités cognitives. Ces éléments participent à ralentir la progression des troubles, sans pour autant l’arrêter. Ils font partie intégrante de la prise en charge globale, notamment aux stades précoces.

Maintenir le lien social

L’isolement social peut aggraver certains symptômes, comme la désorientation ou la perte de repères. À l’inverse, maintenir des interactions régulières aide à préserver les capacités relationnelles. Au sein des établissements emeis, les activités collectives, les échanges avec les proches ou les dispositifs d’accueil de jour jouent un rôle dans cette dynamique.

Alzheimer : prévenir les effets de la maladie

La stimulation cognitive au quotidien : un soin à part entière

L’accompagnement de la maladie d’Alzheimer ne se limite pas aux soins médicaux. Il s’appuie aussi sur des activités du quotidien.

Préserver les capacités restantes par le jeu

Les activités ludiques, comme les jeux de mémoire, les exercices de reconnaissance ou les activités manuelles, sollicitent les fonctions cognitives de manière adaptée. Elles contribuent à entretenir les capacités restantes et à maintenir un certain niveau d’autonomie.

Dr. Luc Garnier, gériatre et médecin coordonnateur régional emeis


« Dans le parcours de soins d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, l’un des objectifs principaux est de stimuler le cognitif. Stimuler ce qu’il reste encore. Activités, jeux, ateliers : ces interventions non médicamenteuses sont importantes à mettre en place et ce, même à domicile. Les aidants doivent participer pleinement au parcours de soins, mais ils doivent être accompagnés par une équipe pluridisciplinaire qui saura les guider sur la mise en place de ces activités. »

Des activités adaptées à chaque stade

Les activités doivent être ajustées en fonction des capacités de la personne. Une stimulation trop complexe peut entraîner une mise en échec, tandis qu’une stimulation adaptée favorise l’engagement. Cette adaptation progressive, grâce à un programme évolutif, est essentielle pour maintenir l’intérêt et éviter la frustration.

 

FAQ : Vos questions sur la prise en charge d'Alzheimer

Quelles aides financières sont disponibles pour la prise en charge ?

La prise en charge financière de la maladie d’Alzheimer repose sur plusieurs dispositifs. Les soins médicaux sont couverts à 100% dans le cadre de l’ALD 15. Pour les besoins liés à la perte d’autonomie, l’APA peut être attribuée, que la personne vive à domicile ou en EHPAD. D’autres aides peuvent compléter ce financement selon la situation.

Comment accompagner médicalement un proche à domicile ?

L’accompagnement à domicile repose sur plusieurs intervenants. Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) assurent les soins médicaux. Les équipes spécialisées Alzheimer (ESA) proposent des interventions ciblées pour soutenir les capacités cognitives. Des aides à domicile complètent ce dispositif pour les actes de la vie quotidienne.

Comment gérer la communication avec une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ?

La communication doit être adaptée aux capacités de la personne. Il est recommandé d’utiliser des phrases simples, de laisser le temps de répondre et de privilégier un environnement calme. Pour approfondir ces aspects, consultez notre article dédié : « Adapter sa communication et son comportement face à la maladie d’Alzheimer ».

Où trouver du soutien quand on est aidant familial ?

Le rôle d’aidant est central mais il peut être difficile à assumer seul. Des structures d’accompagnement existent : associations, groupes de parole, dispositifs de répit ou plateformes d’information. Pour mieux comprendre ce rôle et les ressources disponibles, consultez notre page dédiée : « Aidant Alzheimer : comprendre son rôle essentiel ».