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Boulimie

La boulimie est une maladie mentale appartenant aux troubles du comportement alimentaire (TCA). Complexe et souvent incomprise, elle affecte la santé physique et psychologique.

Ce trouble se caractérise par des épisodes récurrents de crises de boulimie ou hyperphagie, où la personne boulimique perd le contrôle de son alimentation et ingère de grandes quantités de nourriture en très peu de temps ; ces épisodes sont suivis de comportements compensatoires inappropriés qui lui permettent de conserver souvent un IMC normal.

Mais comment reconnaît-on la boulimie ? Quelles sont les causes et facteurs de risques ? Comment la soigner et se faire accompagner ? 

Les équipes emeis vous proposent dans cet article des éléments d’information pour mieux comprendre la maladie, savoir la repérer et s’orienter pour se faire aider.

Qu'est-ce que la boulimie ?

 

La boulimie, également appelée boulimie nerveuse, est un trouble du comportement alimentaire qui se manifeste par :

  1. Des épisodes récurrents de consommation très excessive et compulsive d'aliments (hyperphagie) : la personne boulimique va ingurgiter tous les aliments qui lui passent sous la main, non pas pour se faire plaisir en mangeant mais plutôt dans l’optique de se “remplir” ; il s’agit d’épisode de suralimentation incontrôlée.
  2. Ces crises alimentaires sont suivies de comportements compensatoires, destinés à empêcher la prise de poids, tels que les vomissements, l'abus de laxatifs, et/ou l'exercice physique excessif ou le jeûne. 

Contrairement à l'anorexie mentale, où la restriction alimentaire est au cœur du trouble, la boulimie est marquée par des épisodes de frénésie alimentaire incontrôlée, suivis de phase de purge et d'une intense culpabilité. Il est important de savoir que ces deux troubles peuvent coexister ou basculer de l'un à l'autre. 

Ce trouble touche principalement les jeunes adultes (11-20 ans), en particulier les jeunes femmes (3 femmes pour un homme), mais peut affecter des personnes de tous âges. Environ 1,5 % des jeunes français âgés de 11 à 20 ans sont concernés ; l’hyperphagie, bien que moins connue, reste plus fréquente.

La boulimie peut avoir des conséquences graves sur la santé physique et mentale des personnes, notamment des problèmes digestifs, des déséquilibres électrolytiques, des troubles cardiovasculaires et des difficultés psychologiques telles que la dépression et l'anxiété.

Quelles sont les causes et facteurs de risque de la boulimie ?

 

La boulimie est un trouble d’origine  multifactorielle, ce qui signifie qu'elle peut être déclenchée par plusieurs facteurs, tant psychologiques que biologiques ou environnementaux. 

On observe que certaines professions seraient plus à risque de développer un comportement boulimique au regard de la maîtrise du poids et de l'image corporelle imposée (danseur, mannequin, athlète de haut niveau ...). Souvent, la boulimie commence par un simple régime amaigrissant. 

Voici quelques éléments qui peuvent contribuer au développement de ce trouble du comportement alimentaire (TCA) :

Les facteurs psychologiques

Il est fréquent de constater que les personnes boulimiques souffrent également d'autres pathologies psychiatriques : les personnes souffrant de boulimie peuvent avoir des antécédents de dépression, d'anxiété, ou de troubles bipolaires.  La boulimie touche souvent de jeunes qui rencontrent des difficultés pour exprimer leur mal-être et leurs émotions. 

Un évènement traumatique peut également être à l’origine de la boulimie et plus généralement d’un TCA. 

En effet, la boulimie est souvent liée à des problèmes émotionnels et psychologiques profonds ; elle est l’expression d’un mal être qui s’illustre par ce besoin irrépressible de se remplir. 

Les facteurs familiaux et socio-culturels

Un environnement familial ou socialdysfonctionnel peut contribuer au développement de la boulimie. Par exemple, un foyer où l'alimentation est utilisée pour gérer les émotions, ou un modèle familial perfectionniste, peut augmenter le risque de boulimie. Les conflits familiaux, l'absence de soutien émotionnel peuvent également favoriser l'apparition de ce trouble ; de même que la présence de standards irréalistes notamment concernant l’apparence physique (culte de la minceur) ou le contrôle du poids.

Quels sont les symptômes et manifestations de la boulimie ?

Si vous vous inquiétez pour un proche pensant qu’il souffre de boulimie, voici quelques signaux qui peuvent vous alerter et conduire à consulter : 

  • une préoccupation excessive de son corps / poids conjuguée à une utilisation répétée de laxatifs ou diurétiques et/ou une pratique sportive intense ;
  • s'il saute des repas et/ou cherche à éviter les repas en famille / entre amis et annule des sorties pour rentrer manger seule ;
  • Le tout, associé à un changement d’humeur et un isolement social progressif

Les symptômes de la boulimie sont souvent difficiles à identifier, car la personne souffrant de ce trouble peut essayer de cacher ses comportements, souvent par honte et peur du regard. 

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Cependant, plusieurs signes peuvent alerter :

1. Les crises alimentaires compulsives et incontrôlées, de manière récurrente

Les crises alimentaires incontrôlées sont l'un des symptômes principaux de la boulimie. Lors de ces épisodes, la personne consomme une quantité très excessive de nourriture en peu de temps, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, souvent bien au-delà de ce qu'elle pourrait manger lors d'un repas normal. Les crises surviennent souvent en dehors des repasLes aliments ingérés sont bien souvent des produits très sucrés et très caloriques, et sont parfois (voire souvent) avalés sans même être mâchés, préparés ou cuits. Ces crises peuvent survenir en l'absence de toute faim physique, ce qui les rend encore plus difficiles à comprendre pour la personne elle-même et son entourage. Elles sont accompagnées d'un sentiment de perte de contrôle, comme si l'individu ne parvenait pas à s'arrêter, même si elle en a l'intention. Après la crise, un sentiment de honte et de culpabilité envahit souvent la personne, qui peut se sentir dévastée par ce comportement qu'elle perçoit comme inacceptable. Pour cacher cette réalité, elle peut choisir de manger en cachette, loin des regards, et se tourner encore plus vers des aliments dits « interdits », comme des sucreries, des chips ou pâtisseries, perçus comme des « péchés » alimentaires.

 

2. Les comportements compensatoires inappropriés

Afin d'éviter la prise de poids due à ces excès alimentaires, la personne se livre à des comportements compensatoires destructeurs. Ces comportements, tels que les vomissements, l'abus de laxatifs, diurétiques et autres lavements, mais aussi l'exercice physique excessif, sont utilisés comme des mécanismes pour "purger" l'excès de calories. Cette démarche vise à effacer le sentiment de culpabilité, mais elle crée un cercle vicieux où l'anxiété et la peur du gain de poids poussent la personne à enchaîner ces comportements, exacerbant ainsi la souffrance physique et mentale.

 

3. Les complications médicales liées à la boulimie

Les crises de suralimentation associées aux comportements compensatoires mettent le corps mal : distensions de l'estomac, inflammation de l'œsophage, ulcère, hypertrophie des glandes salivaires, érosions dentaires, mais aussi règles irrégulières, insuffisance cardiaque ou insuffisance rénale fonctionnelle ...Les désordres métaboliques engendrés peuvent être nombreux et graves.

 

4. Le sentiment de perte de contrôle

Le sentiment de perte de contrôle est un autre aspect majeur de la boulimie. Les individus boulimiques se sentent souvent incapables de maîtriser leurs comportements alimentaires, ce qui engendre un fort sentiment de culpabilité et de honte. La nourriture devient un moyen de gérer des émotions intenses comme l'anxiété, la tristesse ou le stress. Lors de ces crises, l'individu utilise l'alimentation comme un exutoire pour évacuer des tensions émotionnelles, ce qui alimente encore plus le sentiment de perte de contrôle. Plus le trouble progresse, plus cette incapacité à se maîtriser renforce les sentiments négatifs et le cycle des crises alimentaires incontrôlées.

 

5. Souffrance psychique et isolement social

Une crise alimentaire est suivie d’une phase de culpabilité et de honte, qui laisse place à un sentiment de dégoût, puis, avec le temps, surviennent aussi des sautes d’humeur, irritabilité, tristesse. Dans tous les cas, elle développe une préoccupation anormale de son corps (qu’il s’agisse du poids ou de la forme) avec une vision déformée négative.Cela peut conduire la personne à progressivement s’isoler.

 

Comment diagnostiquer la boulimie ?

Le diagnostic de la boulimie est souvent tardif car les personnes qui en souffrent ont tendance à se “cacher”. Le diagnostic repose sur l'évaluation clinique du patient, des symptômes et des comportements alimentaires de la personne. 

Les professionnels de santé peuvent utiliser des critères diagnostiquesétablis pour déterminer si une personne présente des signes de boulimie. Ces critères incluent :

  1. Des épisodes de suralimentation  conjugués à des comportements compensatoires inappropriés  qui surviennent en moyenne 2 fois par semaine pendant 3 mois consécutifs ;
  2. Une évaluation de l’estime de soi et de la préoccupation de l'image corporelle et du poids.

Il est important de consulter un professionnel le plus tôt possible, car une prise en charge précoce offre de meilleurs pronostics et la boulimie peut entraîner des complications médicales graves si elle n'est pas traitée (importants retentissements somatiques, dont notamment troubles digestifs, déshydratation, carence…). 

 

Les différences entre la boulimie et d'autres troubles alimentaires

 

La boulimie est souvent comparée aux autres troubles alimentaires, tels que l'anorexie mentale et l'hyperphagie boulimique. Voici les principales différences :

  • Boulimie VS anorexie mentale : L'anorexie mentale est caractérisée par une restriction alimentaire sévère et une peur intense de prendre du poids, alors que la boulimie se manifeste par des épisodes de suralimentation suivis de comportements compensatoires pour éviter la prise de poids.

     

  • Boulimie VS hyperphagie boulimique : L'hyperphagie boulimique est similaire à la boulimie en ce sens qu'elle implique des crises de suralimentation. Cependant, contrairement à la boulimie, les personnes souffrant d'hyperphagie boulimique ne pratiquent pas de comportements compensatoires, tels que les vomissements ou l'abus de laxatifs, et sont donc souvent sujet à un surpoids voire une obésité.

 

La prise en charge de la boulimie chez emeis

 

La prise en charge des TCA comme la boulimie nécessite une approche globale (médicale, psychiatrique, psychologique, nutritionnelle et sociale), facilitée par le cadre institutionnel d’une hospitalisation (de jour ou complète selon l’évaluation médicale du psychiatre).

● Un projet de soin individualisé

Chez emeis, nous proposons au sein de nos cliniques de santé mentale un accompagnement personnalisé, mené par une équipe pluridisciplinaire. Selon la sévérité des troubles et vos besoins, il vous sera proposé une prise en charge en hospitalisation complète ou bien une prise en charge à temps partiel en unité d’hôpital de jour. Le plus souvent les bilans médicaux, psychiatriques et psychologiques et l’initiation des soins est réalisée en hospitalisation complète. L’amélioration clinique permet dans un second temps de poursuivre les soins en unité d’hôpital de jour. 

Votre projet de soin sera coordonné par votre médecin psychiatre référent, qui assurera votre suivi quotidien. Un traitement médicamenteux peut parfois être prescrit, notamment pour traiter un syndrome dépressif ou une anxiété importante, mais ne constitue pas le cœur de la prise en charge proposée. Un bilan médical complet sera réalisé par le médecin généraliste.

● Les approches et ateliers thérapeutiques

Ce sont les psychothérapies, et en particulier les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui représentent l’approche la plus adaptée dans la mesure où elles permettent d’identifier les facteurs déclenchants et d’agir ainsi sur les comportements alimentaires, en modifiant les schémas de pensées à l’origine des comportements destructeurs et de la perte de contrôle, tout en régulant les émotions à l’origine de ces comportements et en améliorant l’estime de soi. 

Les thérapies visent également à travailler avec le patient sur plusieurs axes complémentaires :

  • L’axe alimentaire : réapprendre à manger, en pleine conscience et en prenant son temps, en gérant son apport de nourriture, en retrouvant les sensations de faim et de satiété, en prenant plaisir.
  • L’axe de la dysmorphophobie : corriger la perception déformée de l’image corporelle. Le patient, qui se voit souvent en surpoids alors qu’il ne l’est pas, apprend à développer un regard plus réaliste et apaisé sur son corps.

 

Au sein de nos établissements, les professionnels proposent également, sur prescription médicale, des ateliers thérapeutiques variés, pour compléter la prise en charge. Il peut s’agir d’ateliers de relaxation à travers la méditation, le yoga ou encore l’hypnose, de séances d’art-thérapie pour favoriser l’expression de soi, ou encore des groupes de parole. Chaque clinique propose un programme qui lui est propre, selon les expertises de ses équipes. 

Cette approche intégrative permet de briser le cercle vicieux des crises alimentaires et d’accompagner progressivement le patient vers une relation plus équilibrée à l’alimentation, à son corps et à lui-même. 

Chez emeis, nous veillons à proposer un parcours de soins individualisé et continu, afin de garantir une prise en charge optimale et de limiter les risques de rupture thérapeutique.

 

La boulimie : à retenir 

La boulimie n’est pas seulement une question de comportement alimentaire ; c’est un combat intérieur intense, où la personne se trouve souvent seule face à ses crises et à ses émotions. Ce trouble affecte profondément la santé mentale et la perception de soi. 

À travers un accompagnement spécialisé et humain, il est possible de sortir de ce cercle vicieux, de se réconcilier avec son corps et de restaurer une relation saine avec la nourriture. 

Dans les cliniques de santé mentale emeis, nous proposons à chaque patient un soin personnalisé, fondé sur l'écoute, pour lui offrir les outils nécessaires à la guérison et à la reconstruction d’un quotidien épanouissant et serein.

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Les troubles du comportement alimentaire, plus connus sous l’acronyme TCA, sont des pathologies complexes qui dépassent largement la simple question de l’alimentation. Ils traduisent une souffrance profonde, souvent silencieuse, où le rapport au corps, à la nourriture et à soi-même se trouve bouleversé. 

L’hyperphagie boulimique est un trouble du comportement alimentaire (TCA) souvent méconnu (et moins connu que la boulimie) alors qu’il affecte entre 3 et 5% de la population, touchant quasiment autant d’hommes que de femmes. Bien qu’il ressemble à la boulimie, ce trouble a également des signes distincts.

L'anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires complexe, qui se manifeste par une peur intense de prendre du poids et une perception altérée de son image corporelle, conduisant la personne qui en souffre à une restriction massive de l’alimentation.

A travers cet article, comprenez la maladie et ses conséquences et découvrez les soins proposés par les cliniques de santé mentale emeis.