Anorexie mentale
L’anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires (TCA) complexe. Elle se manifeste par une peur intense de prendre du poids et une perception altérée de son image corporelle qui conduisent à une restriction massive de l’alimentation de la personne qui en souffre.
A travers cet article, comprenez la maladie et ses conséquences et découvrez les soins proposés par les cliniques de santé mentale emeis.
A travers cet article, comprenez la maladie et ses conséquences et découvrez les soins proposés par les cliniques de santé mentale emeis, qui accompagnent les patients vers un rétablissement global, en tenant compte de leur parcours, de leurs émotions et de leur rythme.
Qu’est-ce que l’anorexie mentale ?
L’anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires caractérisé par une restriction alimentaire volontaire, pendant plusieurs mois voire années, entraînant une perte de poids significative et un déni persistant de la gravité de la situation.
On observe souvent une forme de « plaisir de maigrir » associée à la perte de poids.
Selon les classifications médicales (DSM-5 et CIM-11), elle s’accompagne aussi d’une peur intense de grossir et d’une altération durable de la perception du corps. La personne anorexique a le sentiment d'être toujours en surpoids. C’est pourquoi elle contrôle systématiquement les calories de tous les aliments consommés et peut pratiquer une activité physique intense pour poursuivre son amaigrissement.

Loin des clichés, l’anorexie mentale est une maladie à part entière. Derrière la restriction alimentaire, se cache souvent une grande souffrance psychique, mêlant perte de repères, quête de contrôle et difficultés à s’accepter.
L'anorexie mentale est une maladie relativement rare et affecte majoritairement les jeunes filles (au moins 80 % des cas). Si elle peut concerner toutes les classes d’âge, les pics d'apparition de la maladie se situent entre 13–14 ans et 16–17 ans.
L’anorexie mentale peut débuter insidieusement, souvent à l’adolescence chez les jeunes filles, période marquée par de grands changements physiques et identitaires. La recherche de perfection, le besoin de contrôle ou la volonté d’exister à travers la maîtrise de son corps peuvent en être les premiers déclencheurs.
On distingue deux formes principales :
- L’anorexie restrictive, où la personne limite sévèrement son alimentation, parfois jusqu’à la privation.
- L’anorexie-boulimie dans 20% des cas environ, où s’ajoutent des épisodes boulimiques avec des prises alimentaires excessives incontrôlées suivis de comportements compensatoires (vomissements, jeûne prolongé, activité physique excessive).
Loin d’être un simple « refus de manger », l’anorexie mentale exprime un profond déséquilibre intérieur. Elle affecte autant le corps que l’esprit, et requiert une approche globale et coordonnée.
● Quelles différences entre anorexie et boulimie ?
L’anorexie et la boulimie appartiennent à la même famille de troubles psychiatriques : les troubles des conduites alimentaires (TCA). Elles partagent une souffrance commune autour du rapport au corps, à la nourriture et à l’estime de soi. Pourtant, leurs manifestations diffèrent.
Trouble | Comportements dominants | Poids corporel | Perception du corps |
Anorexie restrictive | Restriction alimentaire, contrôle rigide, peur de grossir | Inférieur à la normale | Altérée |
Boulimie | Crises alimentaires, comportements compensatoires (vomissements, sport excessif) | Généralement normal | Fort sentiment de culpabilité |
Anorexie-boulimie | Alternance entre restriction alimentaire et crises de boulimie | Marqué par de fortes fluctuations | Instable, très dépendante du regard d’autrui |
Chez emeis, le suivi est adapté à chaque trouble, mais adopte toujours une même approche ; accueillir la personne dans sa globalité, sans jugement, et lui permettre de restaurer un rapport plus apaisé à son corps.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
Aucune cause unique ne suffit à expliquer l’anorexie mentale.
Il s’agit d’un trouble multifactoriel, où interagissent des éléments biologiques, psychologiques, familiaux et sociaux.
- Facteurs individuels (traits de caractère et profils psychologiques) : certaines personnes présentent une vulnérabilité émotionnelle, un fort besoin de contrôle, un perfectionnisme ou une estime de soi fragile. Des antécédents dépressifs sont également des signes de fragilité.
- Facteurs familiaux : des tensions autour du corps, des repas ou du poids peuvent renforcer le terrain anxieux.
- Facteurs sociaux et culturels : la pression esthétique véhiculée par les médias et réseaux sociaux, où les standards de minceur participent à la construction d’une image corporelle déformée ; mais également les environnements professionnels où l’image du corps est au centre des attentions (mannequinat, danse, sport de haut niveau ...)
- Facteurs génétiques et biologiques : certaines études évoquent des prédispositions génétiques ou des déséquilibres neurobiologiques liés à la régulation de la satiété et des émotions, ainsi que des facteurs métaboliques et endocriniens qui joueraient sur les systèmes de régulation de l’appétit et influenceraient les troubles des conduites alimentaires et leur chronicité.
L’anorexie mentale apparaît souvent comme une tentative de reprendre le contrôle dans un contexte perçu comme insécurisant. Comprendre ces causes, sans les simplifier, permet d’adapter la prise en charge à chaque histoire de vie.
Quels sont les symptômes de l’anorexie mentale ?
Les signes de l’anorexie mentale varient selon les personnes et le stade de la maladie. Ils concernent à la fois le corps, le comportement et la sphère psychologique, ce qui explique la complexité et la gravité de cette maladie.
● Les symptômes physiques de l’anorexie :
- Amaigrissement rapide et important ;
- Fatigue chronique, hypotension, troubles digestifs (ballonnements, constipation) ;
- Dérèglement hormonal, aménorrhée (absence de règles) chez la femme, baisse de libido ;
- Cheveux fragiles, ongles cassants, peau sèche ;
- Pilosité excessive
- Sensation de froid permanent.
● Les signes psychologiques de l'anorexie :
- Peur intense de grossir malgré un poids déjà bas ;
- Distorsion de l’image corporelle : continuer de se voir en surpoids malgré la perte de poids
- Sentiment de contrôle ou de puissance lié à la restriction ;
- Isolement social, irritabilité, anxiété ou tristesse ;
- Difficulté à reconnaître voire déni complet de la gravité de la situation.
● Les troubles comportementaux associés à l’anorexie :
- Réduction volontaire et drastique des apports alimentaires, parfois jusqu’à la privation ;
- Contrôle des calories ingérées
- Rituels autour des repas (manger très lentement, couper les aliments en petits morceaux, s’isoler pour manger) ;
- Mensonges sur la prise alimentaire ou le poids ;
- Activité physique excessive pour « compenser ».
Ces manifestations peuvent passer inaperçues au début, car la personne dissimule souvent ses difficultés. La vigilance bienveillante de l’entourage est donc importante.
Quelles sont les complications de l’anorexie ?
Les complications de l’anorexie mentale peuvent être sévères.
Physiquement, la privation prolongée peut entraîner des carences nutritionnelles jusqu’à un état de malnutrition, entrainant un affaiblissement du cœur, des troubles digestifs, une ostéoporose, déshydratation, avec des risques d’arrêt cardiaque. Le pronostic vital peut être engagé lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) devient critique.
Sur le plan psychique, l’anorexie s’accompagne souvent d’anxiété, de dépression, d’obsessions ou d’idées suicidaires. Les relations sociales se distendent, la scolarité ou la vie professionnelle se fragilisent.
Ces complications rappellent que l’anorexie n’est pas une simple question d’alimentation : c’est une pathologie grave, qui requiert un accompagnement spécialisé.
Comment poser un diagnostic ?
Le diagnostic de l’anorexie mentale repose sur plusieurs éléments.
Le médecin ou le psychiatre s’appuie sur les critères duDSM-5 :
- restriction alimentaire importante ;
- peur intense de prendre du poids ;
- altération de la perception corporelle.
Une évaluation médicale globale est systématiquement réalisée : indice de masse corporelle (IMC), analyses biologiques, électrocardiogramme, dépistage des complications.
Le diagnostic nécessite aussi une écoute attentive : la parole du patient, souvent marquée par le déni, doit être accueillie sans jugement. Dans les cliniques emeis, cette étape est toujours menée avec bienveillance, pour créer les conditions d’une alliance thérapeutique durable.
Comment traiter l’anorexie ? Quelle prise en charge dans les cliniques de santé mentale emeis ?
Le traitement de l’anorexie mentale repose sur une approche pluridisciplinaire et individualisée.
L’objectif n’est pas seulement la reprise de poids, mais surtout la restauration d’un équilibre psychique, émotionnel et relationnel, avec un rapport au corps apaisé.
Dans les cliniques de santé mentale emeis, la prise en charge de l’anorexie repose sur une approche globale et bienveillante. Chaque patient est accueilli dans sa singularité, avec la volonté de comprendre l’ensemble de son parcours.
Selon la sévérité des troubles et les besoins, il sera proposé une prise en charge en hospitalisation compléte ou bien une prise en charge à temps partiel en unité d’hôpital de jour. Le plus souvent les bilans médicaux, psychiatriques et psychologiques et l’initiation des soins est réalisée en hospitalisation complète. L’amélioration clinique permet dans un second temps de poursuivre les soins en unité d’hôpital de jour.
● Une alliance thérapeutique de confiance :
Le soin commence par l’instauration d’un cadre sécurisant où la personne peut parler librement. Le lien de confiance entre le patient et les soignants est essentiel pour aborder les résistances et les peurs liées à la maladie.
● Un parcours de soin structuré :
Dès l’admission, une évaluation médicale complète est réalisée par une équipe pluridisciplinaire : psychiatre, psychologue, médecin généraliste, diététicien, infirmiers et professionnels paramédicaux.
Le programme de soins inclut des temps individuels et collectifs :
- suivi médical et psychologique ;
- ateliers thérapeutiques (relaxation, art-thérapie, expression corporelle) ;
- accompagnement nutritionnel adapté ;
- travail sur la perception du corps et la gestion des émotions.
Chaque progrès, même minime, est reconnu.
Selon les volontés du patient, les proches peuvent également être intégrés au parcours, à travers des groupes de parole ou des entretiens familiaux. L’objectif n’est pas uniquement la guérison du trouble, mais la reconstruction d’un équilibre de vie, d’une relation apaisée à soi et aux autres.
● Les approches thérapeutiques :
- Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : elles visent à modifier les pensées et comportements liés à l’image corporelle et à l’alimentation.
- Thérapies familiales : particulièrement indiquées chez les adolescents, elles permettent de rétablir le dialogue et d’impliquer les proches dans le processus de soin.
- Thérapies psychodynamiques : elles aident à comprendre les origines émotionnelles du trouble et à reconstruire l’estime de soi.
- Groupes de parole et médiations thérapeutiques : relaxation, art-thérapie, activités corporelles favorisent la réconciliation avec son corps.
● Le rééquilibrage nutritionnel :
Le rééquilibrage nutritionnel s’effectue progressivement, sous la supervision d’un médecin et d’un diététicien. L’objectif n’est pas d’imposer des quantités, mais de réapprendre à écouter ses sensations et à se réconcilier avec le plaisir de manger.
● L’innovation thérapeutique : la réalité virtuelle
Certaines de nos cliniques proposent également des approches innovantes, comme la thérapie par réalité virtuelle, en complément des psychothérapies classiques. Cet outil permet, de manière sécurisée, d’exposer progressivement le patient à des repas virtuels afin de travailler le rééquilibrage nutritionnel et peut également exposer à l’image du corps pour travailler sa perception.
● Le suivi à long terme :
L’anorexie mentale peut durer plusieurs années. Un accompagnement continu est souvent nécessaire pour prévenir les rechutes et consolider les acquis.
Comment peut-on aider une personne atteinte d’anorexie ?
Aider une personne souffrant d’anorexie mentale demande du temps, de la patience et beaucoup d’écoute. Il est important de ne pas réduire la maladie à la nourriture ou au poids et de ne pas exercer de pression ni de culpabilité.
Les proches peuvent jouer un rôle précieux, et voici quelques repères pour vous y aider :
- Observer avec bienveillance les changements de comportement ;
- Éviter les remarques sur le corps, la quantité de nourriture ou le comportement à table ;
- Favoriser les moments de dialogue et d’écoute, dans un environnement intime et sécurisé ;
- Encourager la personne à consulter sans la contraindre ;
Parfois, l’anorexie devient une manière d’exprimer un mal-être qui n’a pas pu se dire autrement. Le premier pas vers l’aide consiste à offrir un espace sûr où cette parole peut émerger.
Quels professionnels de santé consulter ?
Plusieurs intervenants peuvent accompagner le patient selon les besoins :
- Le psychiatre : il évalue la gravité du trouble, coordonne les soins et prescrit si nécessaire un traitement médicamenteux.
- Le psychologue ou psychothérapeute : il travaille sur la compréhension des émotions et le rapport au corps.
- Le diététicien : il aide à rétablir une alimentation adaptée et sereine.
- Le médecin traitant : il assure le suivi médical et oriente vers des structures spécialisées.
Dans les cliniques emeis, cette collaboration interdisciplinaire est au cœur du parcours de soin. C’est cette cohérence d’équipe qui permet d’aborder le trouble dans toutes ses dimensions.
Anorexie mentale : à retenir
L’anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires qui nécessite une prise en charge complète. Grâce à un accompagnement adapté, une écoute bienveillante et un suivi personnalisé, il est possible de retrouver un équilibre durable.
Les cliniques emeis accueillent les patients dans un cadre apaisant, où la reconstruction se fait pas à pas, au rythme de chacun.