Addictions et dépendances
Les addictions sont des pathologies cérébrales définies par une dépendance à une substance ou une activité, avec des conséquences délétères pour la personne qui en souffre. Plus une consommation est précoce, plus le risque d’addiction augmente.
Plusieurs millions de personnes sont concernées en France. Qu’il s’agisse d’une dépendance à une substance ou à une activité, ce fléau peut concerner toutes les classes d’âge, hommes comme femmes.
Comprendre les addictions
Une addiction est une maladie du cerveau caractérisée par une dépendance à une substance, avec une consommation compulsive, excessive et répétée (tabac, alcool, drogues, médicaments…) ou à une activité (ex. : jeux de hasard ou d’argent, jeux vidéo). La personne qui en souffre ressent un besoin impérieux / un désir puissant de consommer la substance ou pratiquer l’activité, et perd le contrôle de sa consommation / pratique, tout comme du temps qu’elle y consacre.
La dépendance génère des perturbations émotionnelles et a des effets très délétères sur la vie sociale ou professionnelle, ainsi que sur la santé, avec des répercussions médicales, psychologiques et psychiatriques sur le long terme.
Toutes les addictions provoquent un effet immédiat sur les perceptions, l’humeur (troubles anxieux) et le comportement (troubles de l’attention de la mémoire). Des complications associées peuvent s’ajouter pour certaines addictions : risque cardiovasculaire ou de cancer, troubles neurologiques et psychiatriques, contamination chez les usagers de drogues injectables…
Le diagnostic de l’addiction repose sur des critères bien définis au sein de deux modes de classification : le Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders (DSM) ou la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé (CIM-10) de l’OMS. Sont notamment évalués : la perte de contrôle de soi, l’interférence de la consommation sur la vie quotidienne, et notamment les activités scolaires ou professionnelles, ou encore la poursuite de la consommation malgré la prise de conscience des troubles qu’elle engendre.
Le premier pas vers la guérison repose sur le sevrage, c’est-à-dire l’arrêt de la consommation ou du comportement.
La motivation du patient à se sevrer et son implication dans le parcours de soin constitue le facteur principal de succès du soin, auquel il convient ensuite d’ajouter l’amélioration durable de ses conditions de vie qui peut nécessiter un accompagnement social et de son estime de soi par le travail thérapeutique engagé.
Les différentes formes d’addiction
Les addictions les plus fréquentes sont celles relatives aux substances psychoactives : qui vont de l’alcool aux médicaments, en passant par le tabac, et jusqu’aux drogues illicites (cannabis, cocaïne, ectasie), où il est alors question de toximanie. Des nouvelles substances à potentiel addictif émergent, comme le protoxyde d’azote contenu dans les cartouches de siphons à chantilly.
Concernant les addictions liées à des comportement, les plus répandues ont trait aux jeux d’argent, jeux vidéo, réseaux sociaux, sexe ou encore les achats compulsifs.
Quelles sont les origines d’une addiction ?
L’apparition d’une addiction résulte d’une interaction complexe entre plusieurs facteurs mais repose toujours sur trois composantes : l’individu, le produit et l’environnement.
Facteurs individuels et biologiques
- L’âge d’initiation joue un rôle : commencer tôt augmente le risque
- Le sexe
- Des prédispositions génétiques peuvent influencer la vulnérabilité
- Des différences neurobiologiques (neurotransmetteurs, circuits de la récompense) peuvent rendre certaines personnes plus sensibles à l’addiction
- Des caractéristiques personnelles et psychologiques (l’humeur, la personnalité avec des traits comme l’impulsivité ou la recherche de sensations) peuvent favoriser le passage à l’addiction
Caractéristiques de la substance/ comportement
- Certaines substances ou activités ont un potentiel addictif élevé : elles agissent fortement sur les circuits cérébraux de récompense ; le tabac est connu pour être la substance la plus addictive. Une consommation associée à des sensations agréables et des effets positifs sur le fonctionnement de l’individu (désinhibition, oubli des problèmes, amélioration des performances…) incitent à renouveler l’expérience
- Le mode d’usage (rapidité d’action, dosage, fréquence) influe aussi sur le risque d’addiction
Facteurs environnementaux et sociaux
- Le contexte familial ou social peut encourager l’usage (ex. : présence de fumeurs dans la famille, amis consommant)
- Des conditions de vie stressantes, des traumatismes ou des difficultés psychologiques peuvent pousser à utiliser une substance ou une activité comme moyen d’évasion
- L’exposition précoce ou l’accessibilité à la substance ou à l’activité augmentent les risques
Notre vision du soin
Notre vision de la prise en charge des différentes formes d'addictions et de dépendance, qu’elles soient avec ou sans produit, repose sur la conception moderne d’un soin individualisé prenant en compte le patient dans sa globalité. Elle s’inscrit dans un parcours de soin intégré, avant, pendant, et après l’hospitalisation.
Nos programmes de soin sont fondés sur les éléments de preuve de la littérature scientifique actuelle dans une conception bio-psycho-sociale des addictions. Ils sont construits de façon collaborative par la mise en commun des expertises spécifiques de chaque intervenant qualifié, dans les domaines médicaux, paramédicaux, et sociaux. Cette pluralité assure la richesse d’une conception intégrative d’un soin respectueux des différentes approches validées.
Nous attachons beaucoup d’importance à la transmission des connaissances aux patients et mettons à leur disposition les outils qui leur permettent de prendre une part active aux soins. En effet, la psychoéducation, notamment, augmente sensiblement les chances de rester abstinent.
Les temps de soin individuels sont complétés par des ateliers thérapeutiques de groupe qui permettent la mise en commun des savoirs et des expériences de chacun dans un espace régulé par le thérapeute.
La prise en charge des addictions au sein des cliniques emeis
Nos programmes associent évaluation clinique globale et traitements spécialisés :
Dans un premier temps, une évaluation adaptée aux besoins spécifiques du patient
Le patient rencontre au début de l’hospitalisation, et en fonction de ses besoins spécifiques, les différents intervenants du soin pour une évaluation :
- somatique (dont le sommeil)
- psychiatrique et addictologique
- psychologique
- neuropsychologique
- diététique
Dans un second temps, construction pluridisciplinaire de son projet de soin personnalisé
Les différents intervenants investis dans la prise en charge du patient construisent ensemble un programme de soin individualisé (PSI) sur la base de l’évaluation pluridisciplinaire initiale.
Ce projet de soin individualisé décline :
- Prise en charge médicamenteuse experte de l’addiction
- Approches psychothérapiques intégratives (motivationnel, TCC, familial), individuelle et groupale :
- entretien motivationnel (EM) validé,
- thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) orientation solution,
- remédiation cognitive associant approches TCC et sociale,
- psychanalyse centrée sur les enjeux inconscients,
- entretiens familiaux voire prise en charge plus complète en thérapie familiale si nécessaire avec accord du patient.
- Approches corporelles (schéma corporel, estime de soi, relaxation, auriculothérapie (Protocole NADA), réapprentissage de la pratique d’activités sportives
- Autre médiations thérapeutiques (art thérapie, musicothérapie, Drama)
- Groupe de pairs : associations de patients (Narcotiques Anonymes, Alcooliques Anonymes, Vie libre)
- Temps dédiés à la psychoéducation (individuel ou en groupe), au partage des connaissances sur les addictions (facteurs de vulnérabilité, différentes formes de l’addiction, stratégie de prévention de la récidive et de maintien de l’abstinence…)
Nos modalités de prise en charge des addictions
Chez emeis, nos soins sont pensés dans la continuité d’un parcours de soin intégré, avant, pendant et après l’hospitalisation
- Consultations expertes (en fonction des cliniques): les patients présentant des addictions spécifiques ou dont la prise en charge de première ligne est complexe peuvent être reçus, sur demande médicale, par nos médecins addictologues. Cette consultation apportera un éclairage complémentaire sur l’addiction et sur des recommandations thérapeutiques.
- Hospitalisation Complète : déclinaison de l’ensemble des prises en charges sur un temps complet (jour et nuit), lorsque l’état clinique du patient nécessite une extraction de son milieu de vie habituel.
- Hôpital de jour (possible sur certaines cliniques): prise en charge ambulatoire, articulée autour de séances hebdomadaires (parfois en prévention ou en relais d’une hospitalisation), avec des temps intervenants dédiés pour le maintien de l’abstinence et de l’insertion familiale, sociale et professionnelle
- Hôpital de nuit (certains de nos établissements disposent d’un service d’hospitalisation de nuit) : cette modalité particulière de soin permet au patient de bénéficier d’une véritable prise en charge médicale et paramédicale tout en conservant une activité quotidienne qu’elle soit étudiante, professionnelle, ou sociale
- Réseaux locaux en addiction : convaincues de l’importance d’une prise en charge continue, nos équipes s’inscrivent activement dans les différents réseaux spécialisés en addictologie (CSAPA, centres de consultation publiques ou privés, tissus social et associatif). Au décours de toute prise en charge, qu’elle soit en hospitalisation complète ou à temps partiel (hôpital de jour, hôpital de nuit, en fonction des sites), l’organisation de la poursuite des soins spécialisés en addictologie est proposée aux patients
Les cliniques emeis spécialisées en addictologie
Chez emeis, les addictions peuvent être prises en charge au sein de cliniques de santé mentale mais également dans certaines cliniques de Soins Médicaux et de Réadaptation qui disposent d’une unité spécialisée dans les conduites addictives, notamment :
- à Clamart avec l’Institut médical spécialisé Montevideo,
- à Alfortville avec la Clinique la Concorde,
- à Louviers avec la Clinique Les Bruyères,
- à Calais avec l’Institut d'addictologie du Littoral
- ou encore au Revest les Eaux avec la Clinique du Revest.