Thérapie cognitive et comportementale
Face à l’anxiété qui envahit le quotidien, à la dépression qui éteint l’élan vital, aux phobies ou TOC qui enferment, … la thérapie cognitive et comportementale (TCC) apporte un cadre clair, des outils concrets et une méthodologie éprouvée.

Il ne s’agit pas de « penser positif » ni d’un simple échange : la TCC est une psychothérapie structurée, centrée sur les liens entre pensées, émotions et comportements, avec des objectifs définis et mesurables.
La Thérapie cognitive et comportementale (TCC) est une approche collaborative, active, où le patient est le 1er acteur, qui aide à « apprendre de nouvelles façons de penser et de se comporter » pour réduire la souffrance et retrouver des capacités d’action au quotidien. Elle est généralement brève, se concentre sur le problème qui préoccupe le patient dans le présent .
Dans les cliniques emeis, la TCC s’intègre dans un projet de soins individualisé, coordonné par un médecin psychiatre référent, en lien avec une équipe pluridisciplinaire.
Qu’est-ce que la TCC ?
La TCC est une psychothérapie fondée sur les preuves et l’apprentissage qui vise à modifier les comportements et schémas de pensée (croyances, interprétations automatiques) qui entretiennent la souffrance psychique. L’idée est de :
- accompagner le patient à identifier les mécanismes à l’origine de ses difficultés en comprenant les schémas de pensées négatives à l’origine de ses comportements inadaptés source de détresse psychique,
- puis apprendre au patient à mettre en place de nouveaux comportements face à ces mécanismes pour sortir ainsi progressivement de cercles vicieux.
En pratique, thérapeute et patient décomposent les problèmes en éléments observables et identifient les boucles auto-entretenues ; par exemple : « je redoute le jugement → j’évite → l’anxiété diminue à court terme, mais je perds confiance, ce qui renforce la peur la prochaine fois que je suis confrontée à une situation similaire ».
Ensemble, ils mettent en place des expériences correctrices pour réapprendre autrement. La TCC est comme un « entraînement à de nouvelles réponses », fondé sur une collaboration active et des exercices réguliers entre les séances.
La thérapie cognitivo-comportementale permet donc, par un nouvel apprentissage, de remplacer le comportement inadapté par un comportement plus adapté en fonction de ce que souhaite le patient.
Les finalités de la thérapie cognitivo-comportementale sont triples :
- Soulager les symptômes (anxiété, ruminations, évitements, comportements compulsifs).
- Développer des compétences d’auto-régulation (observer ses pensées, réguler l’émotion, agir malgré l’anxiété, prendre soin de son sommeil), afin de rester acteur de son équilibre dans la durée.
- Prévenir les rechutes grâce à la consolidation des acquis.
La TCC est cadencée : séances régulières (souvent hebdomadaires), objectifs concrets, tâches à domicile (pratique personnelle) et mesure des progrès. Elle peut se dérouler en individuel, en groupe, en couple ou en famille, selon les besoins, le trouble et le souhait du patient.
Elle permet au patient de retrouver une autonomie dans la gestion de son trouble.
Comment fonctionne la thérapie cognitive et comportementale ?
Le triptyque pensées – émotions – comportements
La TCC part d’un constat : ce que nous pensons à propos d’une situation influence nos émotions et nos actions ; en retour, nos actions entretiennent ou modifient nos croyances.
Le modèle ABC (Antécédents / Croyances (Beliefs) / Conséquences) fait ressortir que, pour une même situation, des pensées différentes conduisent à des émotions et des comportements différents ; travailler ces maillons permet de désamorcerl’anxiété, de réduire l’évitement et d’augmenter l’estime de soi.
L’analyse fonctionnelle : comprendre avant d’agir
Avec le thérapeute, le patient explore ce qui se passe dans les moments difficiles (situation d’anxiété, de conflits, de détresse émotionnelle…) repère quand, où et avec qui les difficultés se manifestent, ce qui déclenche les réactions, comment il y répond et ce qui maintient le problème (par exemple : le soulagement immédiat apporté par l’évitement renforce ce comportement). L’analyse fonctionnelle permet ainsi d’identifier les comportements problématiques, d’envisager les outils et buts à atteindre. Cette cartographie fine oriente la suite de la stratégie thérapeutique à adopter ; elle est donc essentielle dans le processus thérapeutique et réalisée en début de thérapie .
Les objectifs SMART et la psychoéducation
La TCC repose sur des objectifs spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, temporellement définis. La psychoéducation (comprendre le trouble, son mécanisme) renforce le sentiment d’auto-efficacité et la motivation. Le RCPsych insiste sur la collaboration : on construit ensemble les étapes, on évalue régulièrement ce qui fonctionne, on ajuste si besoin.
L’entraînement : du cabinet à la vie réelle
Le cœur de la TCC, c’est la pratique. Entre les séances, la personne réalise des exercices ciblés :
- exercices comportementaux pour ancrer de nouveaux comportements (l’affirmation de soi),
- exercices cognitifs pour apprendre à modifier les pensées inadaptées et irréalistes ;
- exercices émotionnels pour savoir mieux réguler ses émotions ;
- exercices corporels pour se détendre physiquement et psychologiquement
Le thérapeute utilisera l’exposition graduée, la restructuration cognitive, l’activation comportementale, l’entraînement aux compétences sociales, ... Ce transfert vers la vie réelle consolide l’apprentissage et produit le changement durable.
Pour quels troubles recourir à la TCC ?
La TCC est l’une des approches les plus efficaces pour traiter de nombreux troubles, en particulier les troubles anxieux et la dépression, avec des résultats robustes lorsque le rythme et la durée sont suffisants.
- Troubles anxieux : parmi lesquels, les phobies spécifiques (ex. avion, animaux), attaques de panique, anxiété sociale, TOC (obsessions/compulsions), état de stress post-traumatique. Les expositions et la prévention de la réponse (TOC) font partie des outils les plus efficaces.
- Dépression : l’activation comportementale (reprendre progressivement des activités sources de sens/plaisir), la restructuration cognitive et l’entraînement à la résolution de problèmes réduisent les symptômes et aident à prévenir les rechutes.
- Insomnie : techniques de TCC-I (restriction du temps de sommeil, contrôle des stimuli, hygiène du sommeil).
- Addictions : TCC centrée sur l’analyse des déclencheurs, la gestion des envies, la prévention de la rechute.
- Troubles du comportement alimentaire : protocoles spécifiques (ex. travail sur l’image corporelle, régulation émotionnelle, restructuration des croyances).
La TCC se décline selon l’âge (adolescents, adultes, personnes âgées) et le contexte (travail, famille, comorbidités somatiques). Elle peut être intégrée à d’autres approches si nécessaire (comme la thérapie de couple/familiale ou les thérapies de la régulation émotionnelle).
Il convient néanmoins de souligner que le patient doit être volontaire et s’investir car un TCC requiert une implication réelle du patient pendant et entre les séances.
Les outils et techniques clés en TCC
La restructuration cognitive
- Objectif : identifier les pensées automatiques (ex. « je vais échouer », « on me jugera »), repérer les distorsions (catastrophisme, surgénéralisation) et formuler des alternatives plus réalistes et aidantes.
- Mise en pratique : colonnes de Beck, expériences comportementales, « tests » en situation.
L’exposition graduée
- Objectif : apprivoiser la peur par une progression du plus simple au plus difficile, en restant dans la situation jusqu’à ce que l’anxiété baisse naturellement (habituation / apprentissage correctif).
- Mise en pratique : exposition progressive et mises en situation sous supervision thérapeutique (ex : parler devant 1 personne → 3 → 10 ; prendre l’ascenseur 1 étage → 3 → 10).
L’activation comportementale (dépression)
- Objectif : casser le cercle « fatigue – inaction – culpabilité – isolement » en planifiant des activités gratifiantes et d’utilité personnelle, même petites.
- Mise en pratique : marcher 10 minutes, appeler un proche, cuisiner un plat simple, reprendre un loisir.
L’entraînement aux compétences sociales & résolution de problèmes
- Objectif : travailler les interactions (oser demander, dire non, exprimer un désaccord) et structurer une méthode de résolution (définir le problème, générer des options, tester, évaluer).
- Mise en pratique : jeux de rôles, feedback, scénarios alternatifs.
L’hygiène du sommeil & la gestion physiologique
- Objectif : réguler le rythme veille-sommeil, réduire l’hyperactivation (anxiété physique).
- Mise en pratique : heure de lever stable, exposition à la lumière, limitation des écrans le soir, techniques de respiration / relaxation.
La pleine conscience
- Objectif : observer pensées/émotions sans jugement, réduire l’emballement attentionnel (ruminations).
- Mise en pratique : exercices courts (3 minutes), ancrage sensoriel, balayage corporel.
La thérapie cognitivo-comportementale dans les cliniques emeis
Au sein des cliniques de santé mentale emeis, différentes approches de psychothérapie peuvent être proposées dont les TCC, en fonction du profil du patient, de ses besoins et des objectifs, mais également des expertises des professionnels de santé.
Pour être dispensée, la psychothérapie doit être prescrite par le médecin psychiatre référent du patient, dans le cadre du projet de soin défini.
TCC et autres formes de soins : quand combiner ?
La TCC peut être autonome mais elle peut aussi se combiner à :
- Des traitements médicamenteux (antidépresseurs, anxiolytiques, stabilisateurs de l’humeur), lorsque la symptomatologie est sévère, qu’il existe des troubles psychotiques associés ou que l’état clinique l’exige ;
- Des ateliers thérapeutiques (gestion du stress, remise en mouvement) et une activité physique adaptée ;
- Des suivis somatiques et nutritionnels si nécessaire (ex. TCA).
Cette complémentarité est au cœur du modèle emeis de prise en charge globale et coordonnée.
Différences entre TCC et autres thérapies (et quand les associer)
- TCC : structurée, orientée objectifs, exercices pratiques, durée souvent brève à moyenne ; forte evidence-base pour anxiété et dépression.
- Psychodynamique / psychanalytique : exploration des conflits internes et de l’histoire, travail en profondeur sur les schémas relationnels ; utile dans les problématiques identitaires ou de personnalité.
- Systémique: agit sur les interactions ; très pertinente quand la dynamique relationnelle maintient la souffrance.
- Humaniste / intégrative : centrée sur le potentiel, la congruence, la flexibilité ; souvent complémentaire.
La qualité de l’alliance (relation entre le patient et le professionnel de santé) et l’adéquation méthode–trouble–personne sont déterminantes. Certaines situations bénéficient d’une intégration (ex. TCC + interventions familiales).
Commencer une TCC : à qui s’adresser ?
La première étape consiste à en parler à votre médecin traitant, qui saura vous conseiller et vous orienter vers les professionnels de santé ou une clinique de santé mentale.
La thérapie cognitive et comportementale est une approche rigoureuse, collaborative et orientée résultats, qui aide à réduire les symptômes, retrouver de l’autonomie et prévenir les rechutes. Sa force tient à la combinaison d’un raisonnement structuré et d’exercices pratiques transférés dans la vie réelle.
Dans les cliniques emeis, elle s’inscrit dans un parcours global et coordonné, co-construit avec vous et ajusté à votre rythme, pour restaurer vos capacités d’agir et cultiver l’envie de vivre.




